
[Intro] J’fais semblant d’aller bien, j’ai perfectionné l’mensonge, La nuit connaît mon prénom, mes pensées connaissent mes ombres. J’ai trop parlé au silence, maintenant c’est lui qui répond, J’ai cherché un peu d’amour dans des regards sans fond. J’ai laissé mes émotions mourir derrière mes paupières, Aujourd’hui même la lumière me rappelle mes hivers. [Couplet 1] Mon cœur est épuisé, il bat juste par habitude, J’me perds dans mes pensées comme dans une ville sans rue. J’ai donné sans compter, maintenant j’ai plus rien en caisse, Même mes plus beaux souvenirs finissent remplis de tristesse. J’ai des « ça va » automatiques, des sourires en location, J’cache mes tempêtes derrière deux-trois conversations. On m’dit : « demain ça ira », mais demain m’évite encore, J’ai tellement dormi debout que même mes rêves sont morts. J’fais confiance à personne, même mon reflet me paraît louche, Les mots restent dans ma gorge, y’a que le silence dans ma bouche. Chaque absence laisse une trace, chaque promesse laisse un bleu, J’ai voulu toucher les étoiles, j’ai fini loin des cieux. J’ai appris qu’un « je t’aime » peut cacher un départ, Qu’on peut dormir près d’quelqu’un et se sentir seul quelque part. J’ai vu des mains me retenir juste avant d’me lâcher, Depuis j’préfère tomber seul plutôt qu’croire qu’on va m’rattraper. [Pré-refrain] J’ai trop encaissé sans rien dire, À force, j’ai oublié comment sourire. Tout c’que j’aimais finit par partir, Alors j’m’attache plus, j’regarde mourir. [Refrain] Mon cœur est épuisé, Il sait même plus pourquoi il bat. J’ai tellement été brisé Que j’reconnais plus mes morceaux à moi. Mon cœur est épuisé, J’ai froid même quand le soleil brille. J’dis que tout va passer, Mais chaque nuit me rappelle ce que j’oublie. [Couplet 2] J’ai vu l’amour changer d’visage dès qu’il fallait rester, Des « pour toujours » mourir avant même d’exister. J’ai des fantômes dans la tête qui paient jamais leur loyer, Chaque nuit ils font du bruit quand j’essaie d’les oublier. J’ai le regard absent, comme si mon âme avait déménagé, J’ai tellement porté les autres que j’me suis laissé tomber. Ils demandent pourquoi j’suis froid, pourquoi j’garde mes distances, Parce que chaque porte ouverte a laissé entrer l’absence. J’ai enterré mes attentes sous des tonnes de « tant pis », J’me suis habitué au vide, maintenant le vide m’applaudit. Le bonheur sonne chez les autres, il connaît pas mon adresse, Moi j’collectionne les nuits blanches et les restes de tendresse. J’ai des cicatrices invisibles sous des vêtements propres, Des souvenirs qui reviennent quand la ville devient sombre. J’ai pardonné des choses que j’aurais dû fuir depuis longtemps, Parce que perdre quelqu’un faisait plus peur que perdre mon temps. J’ai vu les masques tomber quand j’avais plus rien à donner, Bizarrement, y’avait moins d’monde quand j’avais besoin d’parler. Maintenant j’compte plus les absents, j’compte les heures sans dormir, J’ai tellement connu l’adieu que j’ai peur de voir revenir. [Refrain] Mon cœur est épuisé, Il sait même plus pourquoi il bat. J’ai tellement été brisé Que j’reconnais plus mes morceaux à moi. Mon cœur est épuisé, J’ai froid même quand le soleil brille. J’dis que tout va passer, Mais chaque nuit me rappelle ce que j’oublie. [Couplet 3] J’ai des kilomètres de silence entre ma bouche et mes pensées, Des phrases jamais sorties qui commencent à m’étouffer. J’voudrais dire ce que j’ressens, mais les mots veulent plus sortir, Alors mes yeux parlent pour moi quand j’ai plus rien à offrir. J’suis devenu spectateur de ma propre existence, J’regarde les jours défiler avec la même indifférence. Les gens voient mon visage, jamais ce qu’il y a derrière, J’ai construit tellement de murs que j’ai condamné la lumière. On m’a appris à être fort, jamais à dire que j’étais faible, J’ai plus la force de courir derrière ceux qui s’en vont [Dernier refrain] Mon cœur est épuisé, Il bat doucement sous les dégâts. J’ai tellement été brisé Que même la douleur me reconnaît pas. Mon cœur est épuisé, J’ai fait du silence une famille. J’dis que tout va passer, Mais certaines blessures vieillissent avec nous dans la nuit. Mon cœur est épuisé, Il a trop aimé pour presque rien. J’ai donné mes plus beaux morceaux À des gens qui n’en voulaient qu’un bout dans leurs mains. [Outro] J’ai demandé la paix, on m’a donné des souvenirs, J’ai demandé d’oublier, ma tête refuse d’obéir. J’ai demandé du temps, mais le temps sait juste vieillir, Il ferme certaines blessures sans vraiment les guérir. Alors j’avance en silence avec mes démons derrière, Le sourire un peu cassé, les yeux remplis d’hiver. J’ai plus grand-chose à promettre, plus grand-chose à expliquer, J’ai juste un cœur qui continue malgré tout ce qu’il a porté. Et quand la nuit me demande pourquoi j’suis encore réveillé, J’lui réponds doucement : « Mon cœur est épuisé… mais il a jamais appris à s’arrêter. »

