
Day 3 — For home
It’s strange, writing from a place that doesn’t feel real yet. The air smells like iron and smoke, but the ground still looks calm, untouched. They say that won’t last, I'm a bit scared of that... We set up camp near a line of broken trees. The men are laughing tonight, too loud, maybe, I don't know... I think we’re all pretending this is just another kind of training, just colder, just farther from home. I keep telling myself this is what I signed up for. That I’m doing what’s right. That every mile between us is another mile your hands stay safe, your sleep stays quiet. That’s enough reason to be here. I remember how you looked when I left, trying not to cry, but your eyes gave you away. I almost turned back right then. But I couldn’t. You know why. I need you to believe I’m strong enough for both of us. The uniform feels heavier than I thought it would. Not from the fabric, from the meaning. When I look at the flag on my sleeve, I want to think it’s worth something. That all this distance, all this cold, adds up to something bigger than pain. At night, I picture the house. The soft light in the kitchen. The way the floor creaks when you walk past the window. I still hear it sometimes, out here, like an echo that found a way to follow me. If anything happens, I want you to know I left proud. Not of what I’ve done yet, but of what I came here to protect. You... Us... The warmth we built together, that’s what I’m fighting for. Don’t worry too much about me. We’ll write again soon. The stars look the same here. That’s how I know I’m not too far from home... ---------------------------------------------------------------------- C’est étrange, d’écrire depuis un endroit qui ne semble pas encore réel. L’air sent le fer et la fumée, mais le sol paraît encore calme, intact. On dit que ça ne durera pas. Ca me fait un peu peur… On a installé le camp près d’une ligne d’arbres brisés. Les hommes rient ce soir, trop fort peut-être, je ne sais pas… J’ai l’impression qu’on fait tous semblant que c’est juste un autre genre d’entraînement, juste plus froid, juste plus loin de chez nous. Je me répète que c’est pour ça que j’ai signé. Que je fais ce qui est juste. Que chaque kilomètre entre nous, c’est un de plus où tes mains restent en sécurité, où ton sommeil reste paisible. Et ça, c’est une raison suffisante pour être ici. Je me souviens de ton visage quand je suis parti, essayant de ne pas pleurer, mais tes yeux t’ont trahie. J’ai presque fait demi-tour à ce moment-là. Mais je ne pouvais pas. Tu sais pourquoi. J’ai besoin que tu croies que je suis assez fort pour nous deux. L’uniforme est plus lourd que je ne l’imaginais. Pas à cause du tissu, mais à cause de ce qu’il représente. Quand je regarde le drapeau sur ma manche, j’aimerais croire que ça vaut quelque chose. Que toute cette distance, tout ce froid, ont un sens plus grand que la douleur. La nuit, j’imagine la maison. La lumière douce dans la cuisine. Le plancher qui grince quand tu passes près de la fenêtre. Je l’entends encore parfois, ici, comme un écho qui aurait trouvé le moyen de me suivre. Si quelque chose devait arriver, je veux que tu saches que je suis parti fier. Pas de ce que j’ai accompli, pas encore, mais de ce que je suis venu protéger. Toi… Nous… La chaleur qu’on a construite ensemble, c’est pour ça que je me bats. Ne t’inquiète pas trop pour moi. On s’écrira encore bientôt. Les étoiles brillent pareil ici. C’est comme ça que je sais que je ne suis pas si loin de la maison…

