Un matin comme un autre, mais déjà je chancelle, Tout tourne au ralenti dans ce drôle de manège. Un coup de barre qui me frappe comme un éclair sournois, Et voilà que j’m’écroule au milieu de mes pas. Les gens qui me regardent, doivent penser que je traîne, Que j’suis juste un rêveur ou un fêtard en berne. Ces malheureux soldats de la vie bien rangée, N’savent pas qu’ma guerre à moi, c’est d’rester éveillé. Narcolepsie. Ma compagne imprévue, T’as pris mes jours mes nuits, tu les as confondus. Tu me montres des mondes qui n’existent que pour moi, Mais au réveil chaque fois, l’épuisement reprend ses droits. Je commence mes journées un peu comme un funambule, Un pied encore dans mes rêves et l’autre qui recule. Les autres qui me regardent : « t’es dans la lune ou quoi ? » Mais pour les gens qui dorment, le sommeil fait foie. Je ris avec les autres, puis je m’écroule soudain, C’est pas une super blague, juste mon cerveau qui craint. Les gens pensent que je joue ou que je fais l’intéressant, Mais moi j’me bats juste pour tenir encore un instant. Narcolepsie. Ma meilleure ennemie, T’as décidé que je devais dormir ma vie. Et ces ombres qui dansent quand je ferme les yeux, M’entraînent dans un monde, étrange et silencieux. Le soir quand vient la nuit, c’est un VRAI festival, Le plafond qui vacille et des serpents qui parlent. J’ai beau savoir qu’tout ça n’est qu’un mauvais décor, Toujours la peur me saisit, mon coeur en saigne encore. De toutes ces émotions que je m’dois de dompter, J’remises les sentiments, la passion en retrait. Si Tu crois que c’est drôle, imagine un instant, Ne plus pouvoir bouger, parce qu’on est trop vivant ! Narcolepsie. Drôle de colocataire, Qui brouille mes pensées, qui les rends éphémères. Tu voles mes journées et mes nuits tout autant, Mais je m’accroche encore et même à contretemps. Un jour, pt’être qu’les grosses têtes trouveront enfin la clé, Pour que mes rêves et mes jours soient enfin séparés. En attendant, je ris, je tombe et je repars, Assaillie par mes doutes, mes batailles, mes espoirs. Finalement si je tangue, je tiens encore debout, Un peu cassé c’est vrai, mais vivant malgré tout. Narcolepsie, putain, tu fous vraiment l’bazar, Mais tant qu’je respirerais, il sera jamais trop tard. Narcolepsie. Compagne imprévisible, T’as pris mes forces c’est vrai, mais j’suis indestructible. Tu m’plantes des épines, mais je cueille les fleurs, Et je me tiens debout, en recomptant les heures.