Alors… Je ne voudrais pas gâcher l’ambiance, ni froisser la contradiction, mais depuis ma plus tendre enfance, j’ai développé… comment dire… une position. J’ai raison. [Verse 1] Hier encore, tu disais : “Prends le parapluie.” J’ai dit : “Mais non, regarde, le ciel est bon.” Dix minutes après, déluge, apocalypse, pluie, mais l’orage avait tort, question d’interprétation. Tu m’as dit : “Le four est chaud, attention.” J’ai posé la main dessus par conviction. J’ai crié très fort, certes, avec passion, mais dans le fond… j’avais raison. [Pré-refrain] On me contredit, on me soupçonne, on lève les yeux, on abandonne. Mais moi, devant l’incompréhension, je reste droit dans ma mission. [Chorus] J’ai raison, j’ai raison, même quand j’ai tort, c’est une illusion. J’ai raison, j’ai raison, c’est pas de l’orgueil, c’est de la précision. J’ai raison, j’ai raison, notez-le bien dans vos maisons. J’ai raison, j’ai raison, ta-da-da-dam… j’ai raison. [Verse 2] Au restaurant, tu voulais le poisson, j’ai dit : “Non, prends les rognons.” Tu m’as regardé comme une agression, mais j’avais lu la carte avec intuition. Puis le serveur a dit : “Rupture de cuisson, le chef s’excuse, plus de rognons.” Tu as souri, douce satisfaction, j’ai répondu : “Voilà, confirmation.” [Pont parlé] Je ne suis pas têtu, non. Je suis une boussole avec des chaussures. Un phare dans le brouillard des opinions. Un GPS émotionnel, mais sans mise à jour. [Chorus] J’ai raison, j’ai raison, même quand je change d’explication. J’ai raison, j’ai raison, c’est une souplesse de réflexion. J’ai raison, j’ai raison, si tu doutes, c’est ton horizon. J’ai raison, j’ai raison, pom-pom-pom-pom… j’ai raison. [Verse 3] Tu dis : “Le chat n’aime pas les cornichons.” Moi je dis : “Chaque chat cache une exception.” J’en tends un bout, noble démonstration, il me griffe la main sans négociation. Tu dis : “Tu vois ?” Je dis : “Pas du tout.” Ce chat défendait son indépendance, son honneur, sa pudeur, sa condition, ce qui prouve, sans discussion… que j’avais raison. [Break musical, stop soudain, doigt levé] Ah ! Là, précisément, tu crois voir une contradiction. Erreur classique. Erreur de débutant. Erreur… mignonne. [Verse 4, plus grandiloquent, orchestration cabaret-rock] Un jour viendra, dans une grande chanson, où l’on gravera sous mon nom : “Il avait raison avant la raison, avant même la question.” Les enfants chanteront dans les salons, les voisins frapperont au plafond, les historiens feront des réunions : “Comment faisait-il ? Quelle précision !” [Pré-refrain 2,] Je n’ai pas choisi ce fardeau, ce don immense, ce beau fléau. Être l’homme de la solution, ça fatigue les épaules… mais bon. [Chorus fina] J’ai raison, j’ai raison, même en chaussons, même sans son. J’ai raison, j’ai raison, même perdu dans un rond-point marron. J’ai raison, j’ai raison, c’est écrit dans ma respiration. J’ai raison, j’ai raison, ta-da-da-dam… j’ai raison. Et si demain je dis l’inverse, ce ne sera pas contradiction. Ce sera simplement… une évolution. Mais évidemment… j’aurai raison.