Quand l’eau rencontre la pierre, elle ne l’accuse pas. Elle cherche le passage que la pierre ne connaît pas. Le ciel n’ouvre pas la fleur, il attend son heure. Celui qui tire sur la tige réveille la douleur. Agir sans forcer, c’est entendre avant de prendre. La main qui se ferme perd ce qu’elle voulait défendre. Le pas juste ne fait pas bruit, il arrive avec le jour. La force qui sait attendre n’a pas besoin de détour. Wu wei, wu wei, la main s’ouvre et le monde va. Dao doux, Dao lent, ce qui vient sans force restera. Ne pousse pas la rivière, elle connaît déjà la mer. Ne force pas la lumière, elle traverse la poussière. Ne pousse pas la rivière, ne serre pas le vivant. Ce qui suit sa voie entière trouve la paix dans le mouvement. Au commencement, le tonnerre dort sous la terre. Il ne faut pas frapper le ciel pour annoncer l’éclair. Le fruit n’est pas en retard, la racine travaille en secret. Celui qui veut tout voir naître piétine ce qui se fait. Le vent entre par les failles, sans briser la maison. Il connaît mieux que la hache la patience des saisons. Le roseau plie sans honte, le chêne apprend plus tard. Ce qui refuse de descendre se fatigue dans le brouillard. Wu wei, wu wei, la main s’ouvre et le monde va. Dao doux, Dao lent, ce qui vient sans force restera. Ne pousse pas la rivière, elle connaît déjà la mer. Ne force pas la lumière, elle traverse la poussière. Ne pousse pas la rivière, ne serre pas le vivant. Ce qui suit sa voie entière trouve la paix dans le mouvement. La montagne garde le silence, le lac reflète sans choisir. Le feu monte quand il danse, l’eau descend pour réunir. Ainsi l’être sans armure laisse venir, laisse passer. Il ne possède pas l’ouverture, il devient le seuil traversé. Celui qui veut vaincre le monde se réveille prisonnier. Celui qui marche avec l’ombre n’a plus besoin de lutter. Il ne renonce pas à vivre, il renonce à posséder. Il ne cesse pas d’agir, il cesse de se crisper. Ne pousse pas la rivière, elle connaît déjà la mer. Ne force pas la lumière, elle traverse la poussière. Ne pousse pas la rivière, laisse le ciel changer de peau. Parfois la force la plus claire est de ne pas troubler l’eau. Quand l’eau arrive à la mer, elle ne garde pas son nom. Elle disparaît dans plus vaste, et tout reprend sa chanson.


