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03 · L’ABRI DEVIENT LA LOI

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STUDIO

- Une œuvre originale de Uther el Conti, réalisée avec assistance créative - © Copyright 2026 - This song is part of the playlist "LE QUATRIÈME SOMMET" https://suno.com/playlist/cbea4e0c-6708-45a6-ae04-577f25e6eb95 ____________________ Aucune piste n’est conçue pour être isolée. L’album fonctionne comme un processus continu. ____________________ [Intro] La planche avait tenu. D’autres sont arrivés. Nous avons rapproché les bancs. J’avais dit : Fermez, le vent se lève. Quelqu’un l’a écrit sur la porte. [Couplet 1] Nous avions partagé les tâches, Le bois, les couvertures, le pain. Celui qui surveillait les braises Pouvait dormir jusqu’au matin. On parlait bas près des dormeurs, On dégageait l’accès au feu. Ces gestes avaient la juste ampleur D’un peu de place entre nous deux. Puis on a conservé les heures, Même quand personne ne dormait. On réveillait les nouveaux à l’heure Pour leur apprendre à respecter. [Pre-Refrain] J’ai dit : C’était pour cette nuit. On m’a répondu : Justement. Ce qui nous a gardés en vie Doit nous garder encore longtemps. [Refrain] L’abri devient la loi, La porte apprend nos noms. Le feu réchauffe nos doigts, Nous surveillons les façons. Entre, mais baisse la voix. Assieds-toi comme il se doit. Nous avions froid, souviens-toi. Nous avions froid. [Couplet 2] Le peut-être avait sa place Avant la soupe et le repos. On reconnaissait à leurs phrases Ceux qui venaient d’un autre enclos. Une femme a dit : Moi, je crois… Les cuillères se sont arrêtées. J’ai vu son bol entre ses doigts, Puis ses deux mains le reposer. Nous qui doutions de chaque maître Savions très bien qui corriger. Il fallait apprendre à peut-être. Même l’hésitation se récitait. [Refrain] L’abri devient la loi, La porte apprend nos noms. Le feu réchauffe nos doigts, Nous surveillons les façons. Entre, mais baisse la voix. Assieds-toi comme il se doit. Nous avions froid, souviens-toi. Nous avions froid. [Pont] On m’avait gardé la place où le mur ne laissait plus passer l’eau. Je n’avais rien demandé. Je m’y asseyais chaque soir. Quand quelqu’un discutait la règle, on se tournait vers moi. Je laissais durer le silence. Il faisait bon, à cette place. [Couplet 3] Un soir, quelqu’un frappe à la porte Après l’heure où l’on ferme ici. Sous son manteau, l’eau qu’il apporte Dessine une ombre sur le seuil. Tu prends une bûche dans la réserve, Tu fais de la place près de toi. Un homme se lève et t’arrête : Nous n’avons plus le droit au choix. Il montre ma phrase sur la planche, Le doigt posé sur fermez. Dehors, quelqu’un change de jambe. Dedans, on attend mon avis. [Refrain Final] L’abri devient la loi, La porte retient nos noms. Le feu réchauffe mes doigts. Dehors, on frappe. Nous comptons. Entre... mais attends qu’on voie. Le règlement vaut pour toi. Nous avions froid, souviens-toi. Lui aussi. Lui aussi a froid. [Outro] J’ai dit : Ouvrez. Personne n’a bougé. Il faudrait changer la règle. Tu as retiré la barre. Et moi… j’ai eu peur qu’on n’ait plus besoin de me demander.