(Ouverture) [Musique de chambre classique, élégante et légère.] (Récitatif - Le Marquis) (D'un ton déclamatoire, en voyant la Comtesse) Par tous les dieux ! Quelle divine apparition ! Ce manche si fin, cette tête si ronde... Comtesse, votre vue m'inspire une passion Qui ferait se damner la moitié du monde ! (Aria - Le Marquis) (Air passionné et pressant) Que mon maillet de chêne, si dur et si vaillant, Puisse enfin vous montrer sa force et son talent ! Laissez-moi, Comtesse, sans plus de manières, Roquer votre boule et la mettre en prière ! Après ce contact, ce baiser si ardent, Je vous enverrai loin, au bout du firmament ! (Récitatif - La Comtesse) (D'un ton faussement choqué, avec une note de clavecin) Marquis ! Votre langage est celui d'un soudard ! Pour un homme du monde, il est un peu bâtard ! Mon arceau est d'honneur, il n'est pas pour vos jeux, Bien qu'il faille l'admettre... votre piquet est audacieux. (Aria - La Comtesse) (Air léger et virtuose, avec des trilles) Un maillet bien tenu, un coup bien ajusté, Voilà ce qui pourrait, Marquis, me faire céder. J'aime sentir le "CLAC", la douce vibration, Quand la boule s'engouffre avec précision. Montrez-moi la chinoise, ce coup entre les jambes, Et peut-être alors, mon cœur pour vous flambe ! (Duo final - Allegro) Marquis : Assez de beaux discours, nos deux boules sont collées ! Comtesse : Montrez-moi donc, Marquis, comment vous la placez ! Ensemble : Jouons cette partie, sans nulle chasteté ! Que nos boules s'entrechoquent pour l'éternité ! Marquis : Je passerai l'arceau, je vise le piquet ! Comtesse : Allez-y franchement, je suis prête à céder ! Ensemble : Dans un "CLAC" final, une extase brutale, Notre amour connaîtra sa victoire totale ! [L'orchestre termine sur un accord majeur triomphant.]