
Écoute l'alerte
Horizon blanc fissuré d'effroi Murs anciens gardiens du froid Glaciers rendant leur dernier souffle Veines bleutées que le soleil étouffe Nuits polaires figées jadis Coulent en silence, lentes glisses Les cartes changent au bords des mers Royaumes gelés craignant l'hiver Écoute l’alerte, plus de manteau blanc Écoute l’alerte la glace se fend Écoute l’alerte, la mer montera Vérité nue sous l’azur déjà Après l’alerte, à découvert La glace se dissout dans l’air amer Empreintes perdues dans la poussière Forêts vides, rouille sur la terre Ailes muettes, repliées Chant du coq effacé Fantômes d’ivoire, corail brisé Mondes vivants renversés Noms gravés sur les troncs béants Vies détruites, réduites à néant Écoute l’alerte, les chants du matin Écoute l’alerte, silence en chemin Écoute l’alerte, plus aucun cris Cendres là où vibrait la vie Après l’alerte, lignées effacées Monde rempli, mais tout déplacé L’hiver brûle comme l'été Saisons perdues, déréglées Rivières sortant de leur lit Villes noyées sous nos pas, meurtries Tempêtes sculptant les rivages Champs détruits avant l’âge Feux là où la neige tombait Eaux montantes, murs noyés Écoute l’alerte, marais brûlés Écoute l’alerte, forêts noyées Écoute l’alerte, chaleur dans le froid Eaux montantes dans chaque état Après l’alerte, l’équilibre est mort Chacun a perdu son vrai décor Nous avons façonné notre destin Nourri la machine sans fin Arraché les racines profondes Brûlé l’air, détruit le monde Courant au gain, sans mesure Creusant encore la blessure Compte à rebours, faute humaine Planète meurtrie, forêt qui saigne Écoute l’alerte, qui à blâmer? Écoute l’alerte, feu allumé Écoute l’alerte, les mains levés Nous sommes le mal adoré Après l’alerte, a nous de choisir Stopper a temps… ou mourir

