
De Montréal jusqu’au fond du Saguenay, de Trois-Rivières jusqu’en Gaspésie… On aime ça dire qu’en 2026, on est rendus ailleurs. Mais câlisse… derrière certaines portes, y’a encore des petits qui vivent l’enfer. [Riff lourd] ⸻ [Couplet 1] Dans un logement à Montréal, les rideaux sont fermés, Un petit gars compte les heures avant de se coucher. À Québec, une petite fille dit que tout va bien, Mais quand la cloche sonne, elle veut pas reprendre le chemin. À Laval, à Gatineau, jusque sur la Côte-Nord, Y’a des silences qui font plus de bruit que la mort. Des voisins qui entendent : « C’est pas de mes affaires », Pendant qu’un enfant apprend à vivre dans l’enfer. Tabarnak, combien de signes ça va nous prendre? Combien de petites voix faudra-t-il entendre? Un bleu, un regard, la peur de rentrer le soir… Faut-tu vraiment un drame pour commencer à voir? ⸻ [Pré-refrain — montée mélodique] Y’a des blessures que personne voit, Des esti de mots qui détruisent parfois. Pis quand un enfant trouve enfin le courage de parler, Notre maudite job… C’est de l’écouter. ⸻ [Refrain — large, mélodique et puissant] AVANT QU’IL SOIT TROP TARD! Avant les fleurs pis les chandelles dans le noir, Avant les « câlisse, j’aurais donc dû le voir », Écoutez-les donc avant qu’il soit trop tard! De Sherbrooke jusqu’à Rouyn-Noranda, Du fleuve Saint-Laurent jusqu’au Lac-Saint-Jean, Peu importe le village, la rue ou l’endroit, Un enfant devrait jamais vivre dans la peur chez soi. ⸻ [Couplet 2 — basse lourde, rythme lent] Aujourd’hui on a des lois, la DPJ, des dossiers, Des profs pis des intervenants prêts à protéger. On connaît mieux les signes, on peut les signaler, Mais y’en a encore, sacrament, qui réussissent à se cacher. Parce qu’un enfant dira pas toujours : « Venez m’aider », Des fois il aime encore celui qui vient de le frapper. Des fois il pense que la violence, c’est ça une famille, Qu’avoir peur de ses parents, c’est normal dans la vie. De Rimouski à Sept-Îles quand tombe février, Dans nos rangs, dans nos villes, dans nos quartiers, Sous la neige blanche pis les belles maisons éclairées, Y’a des histoires qu’on préférerait ne jamais raconter. ⸻ [Break — riff écrasant] Mais fermer les yeux… ÇA PROTÈGE PERSONNE. ⸻ [Pont — parlé, baryton très grave] Aurore… Fortierville. Une enfant de dix ans. On regarde son histoire aujourd’hui pis on se demande : « Comment câlisse personne a pu arrêter ça? » [Silence] Mais dans cent ans… qu’est-ce qu’ils vont dire de nous? On avait des téléphones. Des écoles. Des médecins. Des policiers. Des services sociaux. On avait les moyens de parler. Alors quand un enfant souffrait… est-ce qu’on l’écoutait? ⸻ [Solo de guitare — mélodique, froid et dramatique] ⸻ [Dernier refrain — énorme, voix claire] AVANT QU’IL SOIT TROP TARD! Avant qu’un autre nom reste gravé dans l’histoire, Avant les fleurs pis les chandelles dans le noir, Avant de dire : « Crisse, comment on a pu rien voir? » Écoutez-les donc avant qu’il soit trop tard! De Montréal jusqu’aux villages du Nord, De la Beauce jusqu’aux Îles-de-la-Madeleine, Y’a aucun ostie de mur, aucun nom, aucun toit Qui donne le droit de faire vivre un enfant dans l’effroi. Une maison devrait être un refuge, Pas une prison où un petit cœur se juge. Pis si sa voix tremble en racontant son histoire… Croyez-le. Écoutez-le. Protégez-le. ⸻ [Outro — vent, guitare claire, voix parlée] Aurore est morte en 1920. Plus de cent ans ont passé. On peut pas changer son histoire. Mais ceux qui souffrent aujourd’hui… eux autres, on peut encore les protéger. Avant qu’il soit trop tard…

