
[Intro] Sous le grand chapiteau, où l'ombre épouse la lumière, Deux âmes se croisent sans jamais se parler... L'un fait rire pour mieux se cacher, L'autre vole pour se sentir légère. [Couplet 1] Elle danse sur le fil, pieds nus au-dessus du vide, Le souffle court, l'âme grande, le cœur intrépide. Le vertige la grise à chaque nouveau défi, Elle rit avec le danger comme on jouerait sa vie. Et lui, en bas, couvert de couleurs et de poudre, Rit plus fort que ses peines sans pouvoir les dissoudre. Son sourire maquillé cache une histoire sans voix, Une plaie qui saigne en silence, que personne ne voit. [Refrain] Sous le chapiteau des rêves impossibles, Lui pleure en bas des larmes invisibles. Elle est en haut, dans les étoiles dorées, Deux solitudes qui ne peuvent se toucher... Il est la terre, elle a des ailes, Il est le rire, elle l'étincelle. Il lève les yeux vers elle, Elle ne regarde que le ciel. [Couplet 2] Ses yeux se posent sur elle sans oser l'appeler, Comme on veille une étoile qu'on ne peut approcher. Dans ses pas, il retrouve un éclat du passé, Le visage d'une femme qu'il n'a cessé d'aimer. Il voudrait lui dire : « Tu es née de ma flamme », Mais la phrase s'étouffe, prisonnière de son âme. Il a peur de briser ce fragile équilibre, De faire chuter son monde, de la rendre moins libre. [Pré-refrain] Alors il sourit encore sous ses couleurs factices, Gardant au fond de lui le plus lourd des supplices. [Refrain] Sous le chapiteau des rêves impossibles, Lui pleure en bas des larmes invisibles. Elle est en haut, dans les étoiles dorées, Deux solitudes qui ne peuvent se toucher... Il est la terre, elle a des ailes, Il est le rire, elle l'étincelle. Il lève les yeux vers elle, Elle ne regarde que le ciel. [Couplet 3] Elle ignore tout de celle qui lui donna la vie, Une ombre douce, un parfum, un nom jamais dit. On lui a offert des bras pour l'envelopper, Mais la vérité dort dans un silence gardé. Ce clown qui vacille, tombe et se relève sans fin, Cache un cœur en berne derrière ses tours de main. Il a noyé dans l'alcool le fantôme de l'aimée, Et le remords d'une enfant un jour abandonnée. [Pont] Pour la soustraire au cirque, il l'avait confiée loin, Pensant que d'autres bras en prendraient mieux soin. Mais le sang a parlé plus fort que sa volonté : Elle est revenue danser, lui n'ose plus exister. Peut-être qu'elle haïrait ce père de carton-pâte, Peut-être qu'elle verrait l'amour sous le nœud pap'... Mais ce soir, quelque chose en lui se libère, Il retire son masque et ose enfin être père. [Outro] Les lumières s'éteignent, les rires se sont tus, Le chapiteau respire comme un cœur retenu. Elle avance vers lui, sans savoir quoi dire, Il lui répond sans fard, d'un premier vrai sourire. L'ombre et la lumière enfin réconciliées, Le clown a retrouvé son étoile oubliée.

