
Mon frère, tu as déposé le burin. Je t’ai entendu. Tu ne fais plus du silence une preuve d’absence. Tu demandes des pièces. Le juge n’est pas parti. Il a changé de bureau. Évaluer la Présence n’est pas plus pauvre que de définir l’Absence. Tamponner les pièces c’est encore dicter les conditions d’entrée du réel. (« Qu’est-ce qui compterait contre ta grille ? ») vaut si Dieu est un dossier. S’il est Dieu, le dossier est le siège. Tu parles d’une page blanche. Une page assez ordonnée pour qu’un regard existe et exige des comptes n’est déjà plus blanche. Je ne t’en fais pas une preuve. Je te retire la commodité du rien. À toi de demander : est-ce que j’appelle « nuit » ce qui me dispense de voir qu’il y a une maison ? Tu gardes deux portes. Demande-toi si elles sont ouvertes parce que tu ne vois pas encore — ou parce que plus rien n’a le droit de peser sans ton accord. Si c’est la seconde, ce n’est plus (« je ne sais pas qui est là ».) C’est : rien n’entrera assez pour me déplacer. Contre ma lecture, une seule chose compterait : que le Nom me serve à toujours avoir raison. Alors ce n’est plus Dieu. C’est moi. Fais le même examen. Si (« je ne sais pas encore ») te sert à n’avoir jamais à bouger, ce n’est plus de la pauvreté. C’est un bureau. Je ne remplis pas l’espace. Je ne le vide pas. Une question, de chaque côté de la table : qui, en moi, a encore besoin du dernier mot ?

