
Ver.2. J’suis tombée dans la bulle…
Toujours les mêmes avatars... Toujours les mêmes flammes… Toujours les mêmes phrases copiées-collées… SUNO… t’es tombé ou t’es pris ? J’ai nettoyé mon fil, supprimé les fantômes, désabonné les profils qui parlaient comme des drones, viré les vieux slogans, les chaînes automatiques, mais ça revient la nuit dans les tunnels numériques. Même photo, même rire, même pseudo métallique, ça commente en espagnol, en français, en cyrillique, “chef-d’œuvre”, “incroyable”, “tellement organique”, mais leurs phrases sentent l’usine algorithmique. Ils chantent une philosophie sucrée comme poison, un vieux mysticisme remixé version béton, des rêves impériaux sous filtres cyberpunk, avec des “peace & love” posés sur des tanks. Et moi j’cherche encore une sortie d’secours, hors du bruit, hors du flux, hors d’leurs boucles sans retour. J’suis tombée dans la bulle… la bulle globale… Toujours les mêmes voix dans la cathédrale digitale. Ils veulent le monde total… ils veulent la vitrine… mettre leurs drapeaux dans les rêves des machines. Non… Non… J’veux une autre planète… J’veux partir d’ici-i-i-i… Noooon… Les commentaires tournent comme des moulins cassés, vingt comptes différents mais la même manière d’penser, ça recycle les mots comme des monnaies mortes, ça pousse les mêmes codes derrière toutes les portes. Underground plastique, rébellion en kit, des prophètes low-cost sous lumière LED triste, ils parlent de liberté avec un ton militaire, et vendent du destin empaqueté en colère. Le système adore ça : du faux chaos rentable, des tribus qui s’adorent dans un décor instable, et l’algorithme regarde, tranquille, dans sa tour, pendant qu’on se noie tous dans des guerres d’avatars. Scroll… refresh… Même visage. Scroll… refresh… Même langage. Scroll… refresh… Toujours là… Toujours là… J’suis coincée dans la bulle… la bulle mondiale… Même apocalypse dans cent langues digitales. Ils veulent influencer… ils veulent être au centre… mais j’veux pas vivre dans leur monde qui rampe. Non… Non… J’veux une autre planète… J’veux partir d’ici-i-i-i… Noooon… Et peut-être qu’un jour le silence reviendra… sans avatars, sans slogans, sans ces foules copiées-collées… Mais ce soir… j’ferme l’écran… et j’regarde les étoiles comme une fuite illégale.

