
[Verse 1] Au port du Moqueru, ça sent le gasoil froid Les quais sont cabossés, les murs mangent la voix Les marins traînent tard, les verres cognent sur le zinc Et les néons du bordel tiennent l'aube au cou de zinc Il est arrivé seul, sac léger, yeux trop grands Un gamin de la côte, plus curieux que méfiant On lui a dit "fais gaffe", en ricanant dans l'entrée Mais lui voulait voir la ville dont tout le monde parlait [Refrain] Au port du Moqueru, personne ne joue les saints Ça parle fort, ça ment, ça rit, ça vous prend par la main Il a suivi la nuit, sans savoir où ça mène Et le matin l'a trouvé plus vieux que la veille [Verse 2] Dans un bar sans enseigne, il a vidé son premier verre Une fille aux yeux clairs lui a parlé sans faire de mystère Pas de grand discours, juste un lit, un drap, un souffle Et le monde s'est retourné d'un coup, sans faire de bruit, sans foule Il est ressorti tôt, les poches vides, la tête à l'envers Avec cette drôle de paix qu'on garde après les affaires Le port continuait, sale, vivant, plus vrai que ses mensonges Et lui marchait droit, comme si quelque chose se prolonge [Refrain] Au port du Moqueru, personne ne joue les saints Ça parle fort, ça ment, ça rit, ça vous prend par la main Il a suivi la nuit, sans savoir où ça mène Et le matin l'a trouvé plus vieux que la veille [Bridge] On n'y perd pas que l'argent, on y laisse des façons Des idées trop propres, des airs de garçon Mais sous le sel, la rouille et les portes qui grincent Le Moqueru te marque, puis te rend au lendemain [Refrain] Au port du Moqueru, personne ne joue les saints Ça parle fort, ça ment, ça rit, ça vous prend par la main Il a suivi la nuit, sans savoir où ça mène Et le matin l'a trouvé plus vieux que la veille

