Pourquoi j’me pose autant d’questions ? Pourquoi j’continue d’jouer le jeu alors qu’il m’détruit ? J’crois qu’j’ai besoin d’vider. [Pourquoi] Pourquoi on naît tous à poil, mais faut payer pour s’habiller ? Pourquoi faut sourire à des gens qui t’connaissent même pas, juste pour s’intégrer ? Pourquoi faut bosser, cotiser, consommer, recommencer ? Pourquoi j’travaille huit heures pour m’acheter deux heures de liberté ? Pourquoi faut des assurances pour vivre, des assurances pour crever ? Pourquoi j’me sens fautif quand j’fais rien, même si j’en ai besoin pour respirer ? Pourquoi j’me plie à leurs règles, pourquoi j’rentre dans leurs cases ? Pourquoi j’me bats pour des miettes pendant qu’eux bouffent dans des palaces ? Pourquoi j’peux pas juste être ? Pourquoi faut réussir ? Pourquoi faut qu’j’avance, même si j’sais pas où j’vais finir ? Pourquoi c’est ceux qui doutent qu’on traite de faibles ? Pourquoi faut cacher l’vide avec des filtres et des labels ? Pourquoi j’dois dire “ça va” quand j’vais pas bien ? Pourquoi j’dois faire genre, sourire, pendant qu’ça brûle au fond du crâne ? Pourquoi faut courir ? Pourquoi faut produire ? Pourquoi faut s’taire, plaire, faire, sans jamais oser fuir ? Pourquoi j’me prends la tête pour des trucs qui valent rien ? Pourquoi c’que j’réprime, j’le traîne chaque jour dans mon sac à mains ? Pourquoi faut être premier, mais pas trop différent ? Pourquoi j’suis dans un monde où l’essentiel est devenu gênant ? [Et si...] Mais putain, si j’ai pas envie ? Si j’veux pas être rentable, productif, compétitif, docile, poli ? Si j’veux me lever tard, regarder le ciel, marcher sans but, parler aux arbres ? Si j’veux pas posséder, pas gagner, pas prouver, juste exister sans qu’on m’classe ? Et si j’veux pas faire carrière, si j’veux pas briller ? Si j’veux rater exprès pour qu’enfin on m’foute la paix ? Et si j’veux aimer comme j’veux, vivre lentement, sans programme ? Si j’veux sentir, vibrer, pleurer sans que ça me rende infâme ? J’veux plus marcher droit, j’veux marcher vrai J’veux pas qu’on m’dise qui j’suis, ni c’que j’vaux, ni c’que j’dois rêver Et si au lieu d’cette vie en boucle, j’appuyais sur “pause” ? Pas pour fuir, mais pour choisir — et pour une fois, sans cause. [Break posé] Et ouais… Peut-être qu’c’est ça la vraie rébellion : Pas tout casser… juste vivre à l’envers de l’opinion. [Laissez-moi] Alors laissez-moi… Laissez-moi rêver à côté, sans chrono ni direction, Laissez-moi me perdre sans erreur ou punition. Laissez-moi aimer mal, aimer fort, aimer flou, Laissez-moi choisir mes silences, mes tempêtes, mes tabous. Laissez-moi dormir quand le monde s’agite, Laissez-moi écrire des poèmes, laissez-moi mon libre arbitre. Laissez-moi m’asseoir sans but, regarder la pluie tomber, Laissez-moi être en paix, quand j’ai pas envie d’parler. Laissez-moi douter sans qu’on me dise d’être fort, Laissez-moi échouer sans devoir me justifier encore. Laissez-moi croire en rien, en tout, ou juste en moi, Laissez-moi être qui je suis, ne me jugez pas pour ça. Laissez-moi marcher à côté du chemin, Laissez-moi parler aux étoiles, dans la nuit sans fin. Laissez-moi pleurer sans qu’on me tende des solutions, Laissez-moi vivre sans mode d’emploi, laissez-moi vivre sans pression. Laissez-moi changer d’avis, me contredire, me chercher, Laissez-moi être flou, fragile, fou, imparfait. Laissez-moi vivre sans case, sans plan, sans landemain, Laissez-moi respirer sans m’dicter mon quotidien… Une vie t’en a qu’une, Ne t’en rend compte pas trop tard, Les secondes défilent Regarde dans ton miroir, Tout c’que t’as laissé, pour des conneries, des prises de têtes, Alors profites dès maintenant, avant que tout s’arrête…