[spoken] J'traîne mes questions comme un vieux manteau trop grand, Mes silences, mes hésitations, tout mon fatras du dedans, J'me r'garde des fois dans la glace, l'air un peu con, J'trouve pas l'image, elle s'planque, elle a raison. [spoken] Je connais mes travers, mes plaies, mes p'tits secrets, Mes doutes planqués derrière mes murs bien épais, Mais p't-être qu'au fond d'leurs yeux, quand ils me matent, Y'a une autre histoire, une histoire un peu plus chouette. [sung] Si seulement je pouvais m'voir Comme les autres m'voient dans le noir, Trouver ces forces oubliées, Ces p'tites lumières planquées, J'trouverais p't-être en moi, tout bas, Ce que les autres voient déjà, Un chemin, une vérité, Un bout de moi à s'garder. [spoken] Je pourrais découvrir sur moi-même, Des trucs qu'un million de gens pige mieux qu'moi, quel dilemme, Des sourires que j'remarque même pas, Des qualités dont j'doute, et pourtant si, j'les ai. [spoken] On passe sa vie à chercher, tout con, Ce qu'on a déjà planqué dans nos tréfonds, Des fois y suffit d'un œil de côté, Pour piger enfin qu'on vaut le coup d'être aimé. [spoken] J'suis pas qu'mes erreurs, mes faux-pas, mes conneries, J'suis pas qu'mes peurs qui traînent, qui m'suivent, qui m'nuisent, Y'a en moi des paysages, planqués, jamais vus, Des coins de moi-même où j'ai jamais foutu les pieds, têtu. [sung] Si seulement je pouvais m'voir Comme les autres m'voient chaque soir, Avec leurs yeux pleins de lumière, Leur confiance, leur belle manière, Alors p't-être je comprendrais, Qu'j'suis déjà c'lui que j'cherchais, Et qu'la plus belle des trouvailles C'était juste... d'arrêter la bataille. [spoken] R'garder avec les yeux des autres, doucement, Pour apprendre enfin à s'regarder soi, tendrement.


