
Comme il est bon de revenir vers une vieille bande dessinée, mille fois mieux articulée que le roman-savon raconté par un oligarque, dans son glissement éthique proposé à toute l’humanité. La planète Aquablue est peuplée d’indigènes qui mènent une vie paisible et naturelle, sans la contrainte d’un monde industriel. La confiance et le respect régissent les lois entre le peuple et la nature. La vie simple qui l’entoure, la symbiose qui unit la planète fertile à ses occupants dociles, les amènent à faire correspondre leur paysage intérieur à celui de l’océan extérieur — bien que ce dernier et ses fonds demeurent totalement inexplorés. Il existe une correspondance entre nature intérieure et nature extérieure, comme des vases communicants. Parmi ces habitants vit un jeune Terrien appelé Nao. Son destin changera l’histoire d’Aquablue ! Un consortium terrestre, en quête perpétuelle de sources d’énergie, jette son dévolu sur cette planète bleue et bénie. Un seul mot d’ordre : l’exploitation. Un seul moyen : la force. Le consortium Texec, aidé par une armée privée, vient bousiller ce monde équilibré, pomper un maximum d’énergie sur une planète, puis aller ailleurs afin de s’enrichir toujours plus. Le profit est la seule loi qui régit la vie de ses actionnaires, au point d’exploiter d’autres planètes et d’autres terres. Les indigènes fournissent une main-d’œuvre bon marché, ouvrant une ère d’esclavagisme soutenu par des mercenaires venus de Terre. Peu à peu, les habitants d’Aquablue doivent se rendre à l’évidence : soit ils préservent leur terre et leur patrimoine, soit ils périssent sous le joug, dans la désespérance.

