La chanson des chansons impliquerait les bonds et rebonds des sons sur eux-mêmes. Les paroles exprimées contiendraient les embrasements des flammes de l’intelligence comme des points oscillants dans l’espace, toute fuite de l’espace dans des tunnels communicants sur des arabesques paisibles, calculées à même l’étude de la chute des flocons lente et sinueuse lors de la première neige, au moment même de nos premières déceptions amoureuses. Hors des flambées des déceptions exclues des portions chaudes de la mémoire, hors de toute étude de la thermodynamique, puisqu’elles glaceraient le regard des gens qui passent, consternés par des mains qui se délient, des mains esquissées en point de fuite, presque coniques et concentrées, que dis-je, repliées sur les pensées que les gens ruminent lorsqu’ils retiennent leur respiration à l’occasion d’un moment d’éblouissement. C’est peut-être cela, la chanson des chansons : celles des couplets découplés, infiniment tranchés, tailladés comme des morceaux de pain jetés aux moineaux familiers, équipés pour la durée de l’hiver, comme des tranches de pommes à déguster avec un morceau de fromage de l’autre côté de la Voie lactée, de l’autre côté des grands disques giratoires, loin au-delà des dernières franges stellaires.