
On s'arrête quand ? 😔💔 #DernierScroll
Écoutez bien ce qui va suivre, c'est comme l'amour, mais ça en vaut le détour. On ne brûle plus les étapes, on brûle nos rétines. Avant, on se perdait dans l'encre des maudits, À chercher l'extase dans les virgules de Rimbaud, Le cœur en lambeaux, mais le songe était beau. Aujourd'hui, l'abîme tient dans la paume de la main, Une luciole de verre qui dévore nos demains. On a troqué la plume pour un pouce qui s'endort, On veut du relief sur ce qui sonne mort. C’est le même tango, c’est la même dérive On s’injecte du vide pour se sentir en vie Hier dans les bouquins, ce soir sur les réseaux On cherche une aurore, on n’est que des échos. Qu’on lise ou qu’on défile, on fuit le même froid Le monde est un mensonge dont nous sommes la proie. Les monstres d’autrefois n’étaient pas que de bois L’algorithme nous ronge et nous dicte sa loi On pleurait la sirène au destin de papier On jalouse un profil au bonheur truqué Les poètes se taisent, les vitrines prennent place Vendre de l’illusion à ceux qui boivent la tasse C’est la même imposture sous un nouveau décor, Donner enfin du corps à ce qui sonne mort. Quelle est la différence entre un vers qui nous saigne Et l'éclat d'un filtre dont on veut qu'il nous baigne ? L’un visait le sublime, l’autre vend du néant. Et nous laisse à genoux, mendiant du présent. Je danse sur la table un tango de défaite Entre la vieille plume et l’écran qui nous guette. C’est le même tango, c’est la même dérive On maquille l’enfer pour se sentir en vie Hier dans les bouquins, ce soir sur les réseaux On cherche la lumière, on n’est que des échos Qu’on lise ou qu’on défile, on fuit le même froid Le monde est un mensonge dont nous sommes la proie. L'écrin change de peau Mais le cœur reste nu On cherche du grand, du beau Pour ce qu'on a perdu Encore un dernier scroll avant l'aube… Dites… On s'arrête quand ?

