
Plus bas… La lumière disparaît. La roche se referme. Et dans le silence… Quelque chose nous regarde. « I’m waiting for you… » On descend là où le soleil Ne posera jamais son regard, Chaque éclat luisant nous surveille, Les ombres dissimulent les cauchemars. Puis le vide s’ouvre sous nos pieds, Un royaume enfoui dans la pierre, Deux yeux brillent dans l’obscurité, Et une voix fait trembler la terre. Pas maintenant. Pas aujourd’hui. On n’est pas prêts À trépasser ici. Alors on fuit, Mais pas les mains vides. Des œufs contre nos cœurs, Et la peur qui nous poursuit. Nous avançons, toujours plus bas, Quelque chose attend dans le noir, Une ombre grandit sous nos pas, Et nous regarde sans nous voir. On croyait fuir les ténèbres, On croyait leur échapper… Esquivant ce destin funèbre… Mais ne faisant que le retarder. Les nids s’agitent. Les murs s’effritent. Des ailes fendent l’air, Et nos cœurs palpitent. Cours ! Encerclés par les dragons rocheux, Leurs cris déchirent l’obscurité, Contre moi, je garde les œufs, Axi me suit, à peine en retrait Une griffe. Un choc. Le sol disparaît sous ses pieds. Je crie son nom, je le vois se retourner. Une seconde. Trop tard. Les ténèbres l’emportent. Je ne peux pas m’arrêter, Je continue mon ascension, Une ombre vient me transpercer, Une douleur pulse dans ma chair, sans raison. Je m’effondre, le genou à terre, Soutenue par mon compagnon, Je sors vivante de cet enfer, Sur le chemin de la maison… Nous avançons, toujours plus bas, Quelque chose attend dans le noir, Une ombre grandit sous nos pas, Et nous regarde sans nous voir. On croyait fuir les ténèbres, On croyait leur échapper… Esquivant ce destin funèbre… Mais ne faisant que le retarder. Les œufs éclosent, Les petits grandissent, Nos compagnons deviennent nos frères. On forge nos armes, On prépare la guerre, Mais quelque chose traverse mes artères. Mon souffle est court. Mon regard s’égare. Mais qu’est-ce qui grandit Au creux de mes viscères ? Je tombe. Il court. Je hurle. Puis… Ma respiration. Un battement. Encore un. Quelque chose… S’extirpe de moi. Je regarde. Un petit corps. Une silhouette. Je crois voir… Un garçon. Des griffes. Des dents. Et ce regard… Un Ripeur… Ce n’était pas un poison. Ce n’était pas une maladie. C’était la naissance. D’un cauchemar… Mais en tout petit. Nous avançons, toujours plus bas, Quelque chose attend dans le noir, Une ombre grandit sous nos pas, Et nous regarde sans nous voir. On croyait fuir les ténèbres, On croyait leur échapper… Esquivant ce destin funèbre… Mais ne faisant que le retarder. Les petits deviennent grands. Les griffes deviennent des armes. Une armée se lève à présent, Laissant s’exprimer le vacarme. Le Ripeur à nos côtés, Nos compagnons rugissants, Nous devons retrouver Ce survivant. Celui qui détient la clé Pour retrouver nos amis perdus. Et nous irons les chercher. Nos promesses seront tenues. Nous avançons. Sans confiance. Un dernier couloir. Un dernier pas. L’autel. La lumière s’allume. Les symboles clignotent Comme s’ils devenaient fous. Le sol tremble. Un dôme se referme autour de nous. Personne ne bouge. Personne n’ose respirer. « I’ve been waiting for you, SPECIMEN ! »

