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La forêt intérieure ce matin

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V5

Le matin, c’est la forêt intérieure qui s’éveille, les couleurs automnales qui m’habitent scintillent au moindre pinceau lumineux venu des cieux. Ce rayonnement intérieur devient radieux. Cette paix qui provient du contact avec la nature m’inspire : je me conniférise, me bouleau blanchise, m’érable rouge éblouise, je me confiturise, je me tostetérise, avec un bon café. De la canopée, j’entends tout le chant des oiseaux à travers le ramage des bouleaux gris et blancs. Un petit morceau de fromage de la remise me remplume et m’irise. Bon matin Martin, Ghislain et Lise, et toi Louise, et toi qui se Mélanise en frottant tes yeux ronds comme des cerises, ou plutôt des bleuets, ou couleur de noisette chez Lisette, ou aux vapeurs d’absinthe chez Jacinthe, après un baillement fabuleux qui te caractérise. Pendant que la marmaille dort encore, un petit moment de surprise, seule à bord, sans un son de la chambre des pinsons, voilà de quoi commencer la journée en tendresse et en sérénité. Le matin, c’est la forêt intérieure qui s’éveille, toute fripée des aiguilles de pin, pendant qu’on fait griller le pain, pendant que les dernières fleurs d’été ont tôt fini de s’étioler, de sécher tendrement et de s’offrir, délicieusement conquises, pour terminer leur destinée dans un pot-pourri enrubanné. Ah, les herbes de senteur de l’éveil en forêt intérieure.