[KOBIETA — CAMILLE CLAUDEL] [Couplet 1] Dans le marbre, je cherchais ton ombre, comme une main qui revient, bien qu’elle ne soit plus là. À chaque mouvement du ciseau, à chaque souffle, je protégeais notre histoire, en silence parmi les tempêtes. Ta voix était comme un écho dans l’atelier froid, toi, tel un maître qui disparaît avant mon réveil. Et moi, je voulais seulement danser en paix, ne serait-ce qu’une fois, pour que tu n’aies plus peur de moi. Rodin, je voulais seulement danser avec toi. [Refrain] Une danse à deux, même si tout est fini, il ne reste qu’une ombre sur une main glacée. Quelque part, une cloche recommence à sonner, laisse-nous dériver dans les flots de la danse. Une danse à deux, même si le temps ne nous connaît plus, qu’il réunisse encore une fois nos mains. Danse avec moi une dernière fois, aussi fort que tu le peux, reste pour toujours dans mon univers. [Couplet 2] Ton regard, comme une ombre sur une sculpture, je ne sais jamais si tu étais là ou non. Dans les lettres que j’ai brûlées, dans les figures façonnées par le geste, j’ai tout laissé derrière moi, sauf moi-même. Je ne supplie pas ton retour, je n’attends plus le silence, car je sais que tu n’écoutes pas, tu ne sais plus comment. Mais peut-être qu’un jour, au bout de tes pensées, tu m’entendras parmi les âmes des statues. Camille et Rodin, deux âmes perdues parmi les statues. [Refrain] Une danse à deux, même si tout est fini, il ne reste qu’une ombre sur une main glacée. Quelque part, une cloche recommence à sonner, laisse-nous dériver dans les flots de la danse. Une danse à deux, même si le temps ne nous connaît plus, qu’il réunisse encore une fois nos mains. Danse avec moi une dernière fois, aussi fort que tu le peux, reste pour toujours dans mon univers. [Pont] Tu ne me connaîtras plus, tu ne m’aimeras plus, il me suffit d’être encore ta sculpture. [Refrain final] Une danse à deux, sans pas, sans scène, il ne reste qu’un murmure et l’écho de nos mains. Ne dis rien, tais-toi avec moi encore une fois. Une danse à deux, même si le temps ne nous connaît pas, peut-être s’envolera-t-elle comme un papillon de ma main. Danse une dernière fois avec moi, de toute ta force, reste pour toujours dans mon univers.


