
La Ville (Valerian Pidmohylnyi)
Cette chanson est inspirée du roman « La Ville » (Misto), écrit en 1927 par l’écrivain ukrainien Valerian Pidmohylnyi (1901–1937). L’auteur fut l’un des représentants les plus importants de la littérature ukrainienne moderniste des années 1920. Le roman raconte l’histoire d’un jeune homme venu de la campagne qui arrive à Kyiv et tente de conquérir la grande ville, tout en découvrant ses ambitions, ses illusions et sa propre transformation intérieure. Pidmohylnyi écrivit ce livre à une époque de renaissance culturelle en Ukraine dans les années 1920. Mais cette génération d’écrivains fut plus tard réprimée par le régime soviétique. En 1937, Valerian Pidmohylnyi fut exécuté lors des purges staliniennes. Aujourd’hui, La Ville est considéré comme l’un des grands romans psychologiques de la littérature ukrainienne. --------------- Je suis venu d’un champ tranquille Avec la poussière des chemins Et devant moi s’ouvrait la ville Comme un mystère sans fin Les rues parlaient une autre langue Les fenêtres brillaient la nuit Je marchais seul parmi la foule La ville respirait en moi aussi La ville me prend, la ville me change Elle promet tout, elle mélange Les rêves, les mots, les visages Je deviens l’ombre du paysage La ville me prend, la ville m’invente Dans ses lumières éclatantes Je cherche encore dans le miroir Celui que j’étais autrefois Les cafés pleins de voix nouvelles Les livres ouverts sur le monde Chaque promesse était rebelle Chaque regard une seconde Je voulais toucher les étoiles Mais les rues savent retenir Car chaque victoire se dévoile Avec un prix à découvrir La ville me prend, la ville me change Elle promet tout, elle mélange Les rêves, les mots, les visages Je deviens l’ombre du paysage La ville me prend, la ville m’invente Dans ses lumières éclatantes Je cherche encore dans le miroir Celui que j’étais autrefois Et la nuit tombe sur la pierre Les pas résonnent comme hier Je sens soudain dans le silence Que la ville écrit mon existence La ville me prend, la ville me change Elle garde mes rêves étranges Et dans son souffle immense et noir Je deviens histoire parmi les histoires.

