[VERSE 1] La grenouille approche, le regard ben sombre, elle veut rentrer, sinon on finit dans l’ombre. Elle menace le crapaud, parle de peau de chien, mais lui s’en fout, y garde son coin ben sien. J’retire la nuit, dehors y fait trop froid, le crapaud reste au sec, y veut sa loi chez soi. C’est un jeu de pouvoir, une danse un peu tordue, la p’tite grenouille repart, pour elle c’est déjà perdu. Chat perché, ma poule, ou doublé du crawl, l’ambiance était calme avant d’virer carnaval. Sous l’sapin ça switche, le chat roux bouge, mon tabarnak de chat saute après la rouge. Moi j’ai vu ça, j’ai ri, cœur dur comme du bois, pis d’un coup j’ai pris contrôle, j’ai fait mon choix. On s’est mis à deux pour les décrocher sans pitié, l’enfant d’chienne voulait juste pas lâcher. [CHORUS] On s’en fout des peines, on s’en fout des peines, on s’en fout des peines, on s’en fout des peines. On s’en fout des peines, on s’en fout des peines, oh... On s’en fout des peines. On s’en fout des peines, on s’en fout des peines, oh... On s’en fout des peines. [VERSE 2] Les filles de Campbellton, toutes adultes, toutes chaudes, arrivent les coquines pis font sonner les sonnailles. Des culottes sur la côte, on s’en fout des peines, ça danse les cuisses collées jusqu’à perdre haleine. On s’en fout des peines, on s’en fout des peines, on s’en fout des peines, on s’en fout des peines. La fille de Campbellton, chaude comme une fournaise, fait virer les gars fous juste en bougeant sur sa chaise. Les cloches pis les sonnailles commencent à résonner, les culottes sur la côte sont déjà déboutonnées. C’est la coupe du désir, envie d’la salle, envie d’la place, envie d’une bouche dans l’cou pis d’une main sur la taille. Un habitant orgueilleux, fier de ses cornes de bœuf, se pense encore solide, se croit encore tout neuf. Mais l’orgueil c’est fragile comme un verre qui se brise, une main descend trop bas pis toute la soirée défrise. Vite, vite, vite, si mon cœur était grenouille, j’creuserais ton lac. Ça chatouille, ça picote, ça descend dans le noir, c’est l’histoire d’un désir qu’on ose pu trop voir. Une cuisse sur une chaise, Germaine perd sa chemise, quand Germaine se déchaîne, c’est le jus du sacrifice. C’est la graine d’Hector, c’est le bordel chez Giro, y’a une paire de culottes accrochée après l’rideau. Faut réveiller madame, on s’en fout du repos, y’a quelqu’un dans l’escalier qui cherche encore ses bobettes en haut. Poing de grand-père pendu: « Fais-y voir, ça attire! » Grand-mère prend l’escabeau: « Tasse-toi, j’vais faire pire! » V’là l’escabeau parti, grand-mère tombe sur le cul, c’est l’chaos total, on joue aux dés, on joue au cul. Musique à gazoline, ça chauffe dans la place, le violon part en avant, pis la dignité trépasse. Les filles de Gaspésie ont le cœur ben brûlant, une semaine à s’frotter, à danser en sacrant. Ça brasse des hanches, Germaine regarde la longueur d’la vis, pis Hector dit: « Touche pas, c’est pas inclus dans l’prix. » Chez Giro ça cogne, chez Germaine ça grince, une ceinture sur le plancher, une brassière sur la plinthe. Y’en a un qui dit: « Doucement. » L’autre répond: « Pas trop. » Le lit fait plus de bruit que l’accordéon d’en haut. [CHORUS] On s’en fout des peines, on s’en fout des peines, on s’en fout des peines, on s’en fout des peines. On s’en fout des peines, on s’en fout des peines, oh... On s’en fout des peines. On s’en fout des peines. [VERSE 3] À Saint-Antoine, ça jobbe encore tard, les bottes dans bouette, le cul dans l’brouillard. Les gars promettaient: « À minuit j’suis parti. » À quatre heures, y’en avait trois qui savaient pu c’était chez qui. Une femme rit dans l’coin, son verre posé sul’bord, un gars lui dit: « J’peux-tu? » Elle répond: « Demande encore. » Y demande mieux. Elle dit oui. La porte ferme. Le violon repart, pis personne pose de question. Germaine sort d’la chambre, les cheveux tout défaits: « Celui-là parle beaucoup, mais y travaille pas assez. » Hector cherche son pantalon. Giro cherche son verre. Grand-père cherche ses dents. Grand-mère cherche personne, elle est déjà repartie avec l’escabeau. [OUTRO] La boutonnière était trop petite, chien. Fais-moi cuire des nouilles. Trouve-moi mes culottes. Pis tasse-toi un peu... tu m’écrases les boules. [FINAL CHORUS] On s’en fout des peines, on s’en fout des peines, on s’en fout des peines, on s’en fout des peines. On s’en fout des peines. On s’en fout des peines. Oh... On s’en fout des pe