
[Intro - Spoken Word] Pas de chant. Pas de mélodie. Que du rap, pur et dur. Écoute, p'tit frère… garde l'cap. On est blindés, kevlar dans l'âme. On a pas été bénis par les dieux — on a été martelés par le froid, les nuits sans lune, les portes qui grincent et les rues qui n'pardonnent pas. On est pas des gosses de chance. On est des gosses du bitume. On a appris à tenir avant d'apprendre à parler. Konotop. Même cicatrice, même code. [Verse 1 - Rap] L'cage d'escalier pue l'humidité, la moisissure grignote les murs, Les tags sur l'béton — même blessure partout, mêmes signatures sous la pluie sale. Un réveil sans café, juste une clope et des cernes noires, La ville t'écrase la cage thoracique, un coin de béton planté dans les poumons. Kostia, dans l'jeu depuis l'temps des cassettes, Ici, tu l'ouvres — tu assumes. Point final. Des Tims trempées, la neige qui crisse sous les semelles, On a grandi là où les mots valent moins qu'un coup de poing. Konotop, raw, sans filtre et sans sommeil, Le jour est un test, la nuit remet tout l'monde au mur. Tu trébuches — la rue t'avale, te recrache plus personne, Ici, ton code, ta loi, c'est tout c'qui t'reste debout. [Chorus - Rap] Pas d'place. Pas d'mots. On est la rue. Même acier. [Verse 2 - Rap] Roma, lourd. Caractère en béton armé, Pas l'type à plier devant le premier vent. Gros téléphone sans nom, les deals dans l'ombre, Les mots en trop, comme les jours en trop — on les efface. La ville t'apprend à pas croire aux contes ni aux sourires, Les lampadaires éclairent les salauds comme les saints. Un vrai frère à côté — c'est le silence qui parle, Mieux qu'cent discours et des pyramides de vent. On construit pas d'légendes, on survit, point barre, Ceux qui ont pas tenu la route — des traces froides sur le trottoir. Konotop sous mes semelles, comme un vieux beat qui saigne, Elle aime pas les faibles — elle les plie, les brise, puis tourne la page. [Verse 3 - Rap] L'hiver te gifle le visage, mais on avance, tête baissée, Pas d'prière, pas d'plainte — juste la rage en avant. Dans cette ville, un sur deux flirte avec le vide, Mais tous n'auront pas l'droit d'rentrer dans les rangs. La crasse sous les ongles — c'est pas pour frimer, frère, C'est l'souvenir des perquis, des nuits passées à payer cash. On est pas des anges, mais on est pas des fantômes non plus, Forgés par la dèche et l'angoisse qui ronge les tripes. Je tombe — je me relève, pas d'questions, pas d'excuses, Mon caractère — béton, mon style — nicotine pure. Konotop, pas d'si, pas d'mais, pas d'peut-être, Tu avances ou t'es dans l'passé, rayé d'l'histoire. [Chorus - Rap] Pas d'place. Pas d'sommeil. On est le bloc. Même jeu. [Verse 4 - Rap] Roma rappe comme il tranche l'acier, Chaque syllabe est une lame, pas juste du bruit. Dans la fumée et le froid, on a trouvé notre ligne, On a pas dévié d'un pouce — et on déviera jamais. La drogue — pas un héros, une impasse sans issue, Ceux qui ont pas capté à temps sont devenus des ombres des vivants. On en a vu assez pour plus croire aux contes de fées, Ici, l'prix d'une erreur — c'est une claque qui laisse des marques. Konotop, c'est pas pour les likes, pas pour l'écran de merde, C'est une ville où chacun est son propre gouffre, son propre plan. Tes proches sont là — tu traverses la nuit noire, Sinon — le silence te plie en deux, sans bruit. [Verse 5 - Rap] Kevlar dans l'âme — on casse pas avec des mots, On a grandi dans les gelées, les halls malfamés et les bastons. Pas les dieux nous ont forgés — la faim, les nuits blanches et les jours gris, Et la rue nous menait quand les lumières s'éteignaient. Kostia et Roma — pas une marque, pas un label, Juste deux âmes qui ont choisi d'pas mourir en silence.|

