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Je suis né

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V6

Je suis né, je vis, je mourrai, je le crois, Un passé, un présent, un futur devant moi. Je suis né pour passer, mais non pour disparaître, Car vivre, c’est laisser quelque chose de son être. J’ai besoin de croire encore en cet endroit Où le temps ne détruit ni l’âme ni la foi. Je suis né, je vis, je mourrai dans ce monde, Un passé, un présent, quel avenir qui gronde ? Comme le bourgeon, je me suis gorgé d’énergie, Comme la fleur enfin je me suis épanoui, Avant de me faner, lentement défraîchi, Pour retourner au sol, à la terre profonde. Je suis né, je vis, je mourrai, je le crois, Un passé, un présent, un futur devant moi. Je suis né pour passer, mais non pour disparaître, Car vivre, c’est laisser quelque chose de son être. J’ai besoin de croire encore en cet endroit Où le temps ne détruit ni l’âme ni la foi. Alors où donc se cache encore l’avenir ? Mon âme, après ma chair, saura-t-elle survivre ? Qui peut prétendre, ici, répondre à cela ? Ma descendance, au moins, me survivra. Et avec elle, alors, vivra mon souvenir : Tout le monde peut bien prétendre à cela ! Nos actes, plus encore, peuvent nous survivre, Ils parlent après nous quand s’écrit le livre. Je suis né, je vis, je mourrai, je le crois, Un passé, un présent, un futur devant moi. Je suis né pour passer, mais non pour disparaître, Car vivre, c’est laisser quelque chose de son être. J’ai besoin de croire encore en cet endroit Où le temps ne détruit ni l’âme ni la foi. Mon âme est le souvenir laissé de moi, Elle naît avec moi, vit toujours avec moi. Mais jamais, dans le temps, elle ne mourra, J’ai besoin de croire encore en cela. Mon âme, c’est bien moi, et ce que je transmets, Et le souvenir laissé de ce que j’étais. Je suis né, je vis, je mourrai, je le crois, Un passé, un présent, un futur devant moi. Je suis né pour passer, mais non pour disparaître, Car vivre, c’est laisser quelque chose de son être. J’ai besoin de croire encore en cet endroit Où le temps ne détruit ni l’âme ni la foi. Quand je cesserai, un jour, de penser, Mes mots continueront d’avancer. Dans les gestes appris, dans les voix de mes enfants, Je vivrai encore un instant. Je ne serai plus chair ni matière, Mais un écho dans leur lumière. Mon âme s’éteindra peut-être avec moi, Mais quelque chose restera. Par eux, puis par ceux qui viendront, De saisons en générations, Je dépasserai le seuil du temps, Dans leur souffle un manquablement. J’ai besoin de croire encore en cela : Je suis né, je vis et je mourrai. Un passé, un présent, un futur à la fois. J’ai besoin de croire encore en cela. Je suis né, je vis, je mourrai, je le crois, Un passé, un présent, un futur devant moi. Je suis né pour passer, mais non pour disparaître, Car vivre, c’est laisser quelque chose de son être. J’ai besoin de croire encore en cet endroit Où le temps ne détruit ni l’âme ni la foi.