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Emile Trapu 7

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V4.5

© Lyrics by Harry Suez Ce que Emile adore, c’est vider le cochon après qu’il a été saigné. Il plonge ses petites mains au fond de l’abdomen encore chaud de la bête. Il attrape un bout d’intestin et tire, il tire et tire et tire. C’est une vraie guirlande de Noël. Parfois même il se l’enroule autour du cou comme un collier. Le vieux Marcel rigole avec lui et lui pince l’oreille affectueusement. Dès que le vieux a le dos tourné, le petit glouton lèche ses mains avec gourmandise, ses doigts couverts du sang du pauvre animal. Quel délice ! Voilà encore quelques mois qui passent et Emile est pris d’une véritable passion pour la boucherie et l’abattage. Le Macarel voit dans cette petite fripouille le futur de sa famille. Ses enfants à lui sont des fainéants, des ingrats. Il n’y en a pas un pour lui venir en aider — la boucherie n’est pas assez bien pour eux. Voilà qu’ils rêvent d’épiceries, de boulangeries et même que sa grande fille n’aime pas la viande. C’est décidé, Emile sera son apprenti. Pour fêter les trois ans du petit Emile, le bon Marcel veut lui faire un joli cadeau. Ce sera un grand couteau de boucher, bien aiguisé. Arthur n’a pas eu plus de joie en retirant Excalibur qu’Emile en saisissant ce bel objet de mort. Aussitôt qu’il le peut, il s’échappe de la maison, son tranchoir sous le bras. Il espère trouver quelques bêtes, un chat ou un petit chiot. Il sort du village et marche en direction de la ferme de Grumelou, Antoine Grumelou. C’est un domaine isolé, uniquement gardé par ce vieux croûton. Il y a là-bas plein d’animaux, tout ce qu’il faut pour s’entraîner. Il pense que ce couteau va faire des merveilles. Il gambade sur le sentier qui longe les bois et la rivière.