
Sous le Dôme Affamé#
[intro_spoken] Mesdames… Messieurs… N’approchez pas trop vite. Certaines toiles ne s’ouvrent pas : elles attendent. [verse_1] Que faites-vous ce soir sur ce trottoir blafard ? Le vent pousse vos pas jusqu’au seuil de mon regard. Le guichet luit à peine, la pluie ronge les noms, un billet dans la main, et déjà tout répond. Je connais vos absences, vos sommeils sans repos, les visages perdus, les paroles de trop. Vous croyiez traverser une nuit comme les autres, mais la toile vous suit et déjà vous enveloppe. [pre_chorus_1] Avancez. Ne regardez plus derrière. La ville s’est retirée comme une bouche de pierre. Un pas, puis deux, puis l’air devient plus lourd. Ici même le silence vous connaît sans détour. [chorus] Entrez, entrez sous le dôme affamé, le Monstrarium vous a déjà gardés. Entrez, entrez, plus un bruit du dehors, seulement cette toile et son souffle dans le noir. MONSTRARIUM, MONSTRARIUM, vos noms tournent dans mon bois. MONSTRARIUM, MONSTRARIUM, ce soir la nuit vous prend et vous reconnaît en moi. [verse_2] Asseyez-vous plus près, j’aime entendre la peur quand elle monte en silence et s’installe dans le cœur. Je suis Monsieur Loyal, le gant, la canne, le calme, la voix qui reste douce quand tout commence à se fendre. Je passe entre les rangs, je vous frôle sans hâte, et je laisse en chacun un peu de ma nuit mate. Vous me voyez debout, mais je vis dans la coupole, dans les cordes, dans le bois, dans la poussière qui colle. [pre_chorus_2] Rangez vos certitudes, éteignez vos écrans. Ici c’est mon murmure qui mesure le temps. Le velours tient son souffle, les gradins boivent l’air, et quelque chose au fond ouvre les yeux sous terre. [chorus] Entrez, entrez sous le dôme affamé, le Monstrarium vous a déjà gardés. Entrez, entrez, vos nerfs vont se trahir, vos plus beaux sang-froid sont les premiers à mourir. MONSTRARIUM, MONSTRARIUM, vos billets sont de petites chaînes. MONSTRARIUM, MONSTRARIUM, chaque siège apprend par cœur la musique de vos veines. [bridge_spoken] Toi… oui, toi… au milieu du troisième rang. Tu voudrais sortir ? Bien sûr. C’est toujours à cet instant qu’on comprend trop tard. Regarde les portes. Elles sont là. Mais ce n’est plus le même monde de l’autre côté. Tu n’es pas prisonnier d’un lieu. Tu es déjà entré dans quelque chose qui te voulait avant même ta venue. [break] Cette nuit, la chair se souviendra. La lune ouvrira les os. La terre rendra ce qu’elle garde. Les voix perdues reviendront par les coutures du vent. Et dans chaque ombre levée, dans chaque souffle fendu, vous reconnaîtrez un peu de ce que vous cachez vous-mêmes. [final_chorus] Entrez, entrez sous le dôme affamé, le Monstrarium vous a déjà jugés. Entrez, entrez, plus de ville, plus d’heure, plus de route au-dehors, seulement la toile et la peur. MONSTRARIUM, MONSTRARIUM, je fais de vos noms une prière. MONSTRARIUM, MONSTRARIUM, je fais de vos souffles une lumière noire et entière. MONSTRARIUM, MONSTRARIUM, le rideau respire et vous boit. MONSTRARIUM, MONSTRARIUM, ce soir vous n’êtes pas venus voir — ce soir, c’est la faim qui vous reçoit. [outro_spoken] Gardez bien vos billets. Un jour, personne ne vous croira quand vous direz que le chapiteau respirait vraiment.


