
On nous parlait du ciel, la tête à genoux, Le dimanche en silence, fallait croire à tout. Le curé dans sa chaire décidait du péché, Pendant qu’en arrière des portes, y’en avait qui savaient. On nous disait : « Aie peur, Dieu peut tout voir », Mais certains hommes en noir se cachaient dans le noir. Ils bénissaient les familles, parlaient de pureté, Pendant que des enfants apprenaient à se taire et trembler. Combien de « Notre Père » pour étouffer un cri? Combien de confessions pour enterrer une vie? Vous nous vendiez l’enfer pour contrôler nos corps, Mais l’enfer, tabarnak… certains l’ont vécu derrière vos portes. Les saints avaient les mains sales, Sous les soutanes, sous les beaux discours. Vous parliez d’amour devant la cathédrale, Pendant qu’on cachait la honte tout autour. Crisse, combien d’années à se croire coupable? Combien de victimes qu’on n’a pas voulu écouter? Vous promettiez un Dieu juste et charitable, Mais qui donc était là pour les protéger? Au Québec, la croix était plantée partout, Dans l’école, dans l’hôpital, jusque dans nos genoux. Des femmes qu’on culpabilisait pour avoir désiré, Des familles qu’on jugeait si elles osaient questionner. Fallait faire des enfants, fallait fermer sa gueule, La honte et le péché tenaient le monde en laisse. Puis quand certains enfants revenaient le cœur démoli, Trop souvent l’institution protégeait son habit. On changeait de paroisse, on déplaçait le problème, On sauvait les apparences au nom du système. Et ceux qui ont survécu ont traîné dans leur peau Des blessures que l’eau bénite n’efface pas avec des mots. Les saints avaient les mains sales, Sous les soutanes, sous les beaux discours. Vous parliez d’amour devant la cathédrale, Pendant qu’on cachait la honte tout autour. Crisse, combien d’années à se croire coupable? Combien de victimes qu’on n’a pas voulu écouter? Vous promettiez un Dieu juste et charitable, Mais qui donc était là pour les protéger? Cette chanson-là n’insulte pas celui qui croit. Elle demande des comptes à ceux qui se croyaient au-dessus des lois. Parce qu’une victime n’est jamais un scandale à cacher, C’est le silence autour d’elle qui devrait nous faire honte à jamais. Gardez vos statues, vos sermons, vos grands pardons, Si pardonner veut dire oublier jusqu’au prochain nom. La foi appartient à celui qui veut encore y croire… Mais aucun col blanc ne devrait effacer la mémoire. Oui, les saints avaient les mains sales, Et le Québec porte encore des cicatrices. Derrière les clochers et les grandes morales, Y’a des survivants qui réclament justice. Alors câlice, arrêtons de bénir le silence, De confondre autorité, religion et vérité. Si votre Dieu nous parle vraiment de bienveillance, Commencez donc par écouter ceux qu’on a sacrifiés. Les églises peuvent fermer, Les cloches peuvent arrêter… Mais tant qu’une victime porte encore leur enfer, On n’a pas fini d’en parler.

