[ intro ] [ verse ] Nous sommes tous polyglottes, Mangeurs de vieux continents, Au fonds de notre grotte, Nous comptons les indigents. Nous humons la paresse furtive, Celle qui passe sous l’oreiller, Et caressons l’espérance hâtive, La tête enfouie dans la saignée. Jacassons, jacassons pas mal, Si notre dieu veut s’éveiller, Puisse se briser le cristal, Que l’on piétine de nos pieds. Les mots se rejettent au ressac, Brisés par l’écume des lèvres, Je jette dans un sac, en vrac, La peur unifiée de la fièvre. Je me sens las, sans patrie, Quand on balance les couteaux, Contre les règles de la fratrie, Ecrites à l’encre de nos peaux. Sage utopiste me dira t’on, Ou emmerdeur de la belle vie, S’use ma plume au diapason, Je crochète sans fin la tyrannie. [ chorus ] Et j’enfourche mes souliers, Qui s’emmêlent au vent, Nous irons chercher au grenier, L’encrier comme armement. Ah oui ça ira, ça ira, Bêcher la tête des scélérats. [ verse ] Nos manteaux seront longs, Puisque l’hiver traîne le pas, Les angelots, penseurs moribonds, Soignent la rue de nos verglas. Pas un bruit ne hurle au boucan, Des hommes meurent sans abris, C’est ça l’égalité des pauvres gens, Qu’on verbalise, qu’on oublie. Ami entends-tu le chant, Celui des anciens partisans, Partis sonner l’ogre révolte, Et la complainte désinvolte. Elles n’étaient pas intéressantes, Ces guerres d’égos brassées, A peine plus odorantes, Qu’une fiente au pigeonnier. Nous sommes nés à l’univers, Au sein de la liberté, Et ces quelques fourbes de vers, Nous boufferont jusqu’au dernier. Je ne mélange aucun pinceau, Mais ces méandres de pensées, Me donne l’envie de gerber, Quand je scotche sur les infos. [ chorus ] Et j’enfourche mes souliers, Qui s’emmêlent au vent, Nous irons chercher au grenier, L’encrier comme armement. Ah oui ça ira, ça ira, Bêcher la tête des scélérats. [ break ] [ verse ] Nous brassons le même sang, Celui que l’on dit rouge passion, Nous volons plumes goélands, Le bec cassé vers l’horizon. Nous avons tant renversé, Ces barricades de souffrance, Les mains liées d’égalités, Le cœur fendu à l’espérance. Nous reviendrons un jour bercer, La charte des droits humains, Celle qui nous faisait rêver, Sous les notes d’un chant marin. Nous sommes tous baladins, Les soirs chauds de pleine lune, Nous sifflons les mêmes refrains, Et taillons l’unique plume. A vous mes frères, et mes sœurs, Etres de la terre et de l’origine, Que se sèchent vos pleurs, Avant qu’ ils ne prennent racine. [ chorus ] Et j’enfourche mes souliers, Qui s’emmêlent au vent, Nous irons chercher au grenier, L’encrier comme armement. Ah oui ça ira, ça ira, Bêcher la tête des scélérats.