
Bienvenue dans mon cauchemar. Faites comme chez vous, de toute façon, vous avez déjà mis les pieds partout. Vous vouliez un clown ? J’ai fait mieux : j’ai créé le monstre. Maintenant, il parle à ma place. J’ai vu des porcs en costume te vendre l’air en option. Ils appellent ça le futur, moi j’appelle ça l’addition. J’ai vu des cadres charognards nous vendre l’effondrement. Ils cassent le sol sous tes pompes, puis te louent l’enterrement. J’ai vu les mêmes tronches pâles revenir avec leur sourire. Ils te vendent la cavale après t’avoir pris l’avenir. Je suis fatigué d’expliquer que le feu finit par prendre. Vous avez léché l’allumette, maintenant venez pas vous plaindre. Je suis le bouffon du temps tordu. Je ris quand tout est foutu. Je suis le bouffon des jours cassés. Le monde s’écroule ? Très bien, très bien. Je suis le bouffon du temps tordu. Je ris quand tout est foutu. Je suis fatigué d’expliquer. Même les murs savent que vous allez tomber. J’ai vu des gens bien sages manger leur propre jardin. Puis gratter chez le voisin en parlant d’intérêt commun. J’ai vu le corps faire vitrine, l’âme passer au comptoir. L’amour vendu sous blister, et la honte faire trottoir. J’ai vu des femmes tenir le monde pendant qu’on leur prenait la place. Puis des rois de fond de chaise leur expliquer la grâce. Vous appelez ça liberté, moi j’appelle ça consommer. Jusqu’à bouffer la serrure de la porte à refermer. J’ai cousu ma grimace avec du fil de fer. J’ai vissé mon rire en façade, pour pas vomir la lumière. Les purs ont des sacs en toile, les requins ont des bureaux. Et la foule tient la laisse tant que le chien mord les prolos. On parle révolution, mais chacun veut son siège. Même dans l’insurrection, y’a des frais de cortège. Alors si ça continue, je me tire dans un trou paumé. Trois chiens, deux planches tordues, et plus personne pour me faire chier. Je suis le bouffon du temps tordu. Je ris quand tout est foutu. Je suis le bouffon des jours cassés. Le monde s’écroule ? Très bien, très bien. Je suis le bouffon du temps tordu. Je ris quand tout est foutu. Je suis fatigué d’expliquer. Même les murs savent que vous allez tomber. Je suis le bouffon du temps tordu. Pas le héros, pas le salut. Je suis le bouffon des jours cassés. Si tout doit tomber, autant bien regarder. Je suis le bouffon du temps tordu. Je ris quand tout est foutu. Vous avez tenu les briques. Démerdez-vous sous les gravats. Voilà. C’était la fin du monde. Encore une. On s’habitue.

