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Lumières renversé

**[Intro]** *(Son de pluie nocturne, une allumette grésille. Long souffle lourd)* Tu regardes une flaque — et tout un quartier se retourne. En vrai, nos vies se sont croisées puis ont coupé la route. On a effacé les numéros... Mais là, tout en bas, on se tient encore la main. Ouais, uh. Cette ville n’oublie rien. **[Verse 1]** Trois heures du mat, ma ville est encore sous l’eau, Je marche sur les boulevards, mais dans ma tête, t’es là, tout près, tout haut. Capuche baissée, j’éteins le bruit qui colle à la peau, Dans mon crâne, une métropole de pensées rincées par les néons. La lumière jaune des réverbères frappe le vernis des routes, Je traverse les flaques sans sentir le poids de mes doutes. Dans chaque vitrine sombre, y’a ton profil qui me rattrape, On jouait à s’aimer sans jamais écrire les règles du rap. Je regarde l’eau : le ciel est fendu d’éclats d’étoiles, Entre nos deux vies, on a brûlé le pont, laissé que la toile. Mais au fond de ces rues, dans l’asphalte en miroir, Toi et moi, on se croise encore, sourire au bord du noir. Ça clignote au fond des flaques, et j’ai presque envie d’y plonger, Là où tout ce qui s’est cassé pourrait recommencer à bouger. Les reflets mentent ? Ou c’est ce monde qui déraille ? Là où j’ai supprimé nos photos et vidé nos voix dans l’évier, sans faille. **[Pre-Chorus]** Deux mondes différents : ici c’est vide, là on est deux, Ici je prends la pluie, là-bas on partage le même feu. Le pouls tape aux tempes, je reste au bord du verre... T’es passée où ? Cette vie a filé par terre ? **[Chorus]** Lumières renversées, rêves à l’envers, On est sur deux rives de ce printemps nucléaire. Vitrines, miroirs, une histoire sans fin, Dans le reflet t’es là, dans le réel y’a plus rien. Lumières renversées... dans les flaques, nos mensonges coulent, Et dans le monde sous mes pieds, c’est toi qui m’attends encore, tout le temps. Vitrines, miroirs, la pluie efface les traces, J’aime mon contour seulement quand ta silhouette y passe. **[Verse 2]** Yeah ! On était comme Bonnie et Clyde, loin des trucs du quotidien, On cherchait notre vibe dans les détours du périph’ et des coins. Tes larmes sur ma veste, ma panne sèche au bord du balcon, On s’est consumés à blanc, coincés dans notre propre bastion. Tu te souviens de ce soir ? Le taxi, le carrefour, la dispute, Tes phrases comme des balles — y’avait plus rien pour la suite. Maintenant je regarde les caniveaux comme un miroir foutu, Le temps nous a tordus si fort, dis-moi qui nous a perdus ? Le feu rouge glisse sur la vitre, comme une veine de sang, Je donnerais la moitié de ma vie pour ce coup de cœur aveuglant. Je rentre ma basket dans une flaque — et tout éclate, La surface frémit, et toi tu t’éloignes sans même une hésite. Deux espaces parallèles, une illusion de contact, Je cherche tes mains dans cette crasse de lumière et d’impact. On s’est dédoublés, bébé. Moi, j’suis resté sur le quai, Et notre double fantôme continue de courir dans le froid serré. **[Chorus]** Lumières renversées, rêves à l’envers, On est sur deux rives de ce printemps nucléaire. Vitrines, miroirs, une histoire sans fin, Dans le reflet t’es là, dans le réel y’a plus rien. Lumières renversées... dans les flaques, nos mensonges coulent, Et dans le monde sous mes pieds, c’est toi qui m’attends encore, tout le temps. Vitrines, miroirs, la pluie efface les traces, J’aime mon contour seulement quand ta silhouette y passe. **[Bridge]** *(La voix se casse, le beat disparaît presque, il reste juste une basse qui vibre et un piano. Déchirure à vif)* Efface cette vitre trempée... Dis que tout ça nous a juste pris au mauvais virage, dérapé. Je peux troquer ce monde rangé, qui respire si bien, Contre une seconde au fond, là où nos deux battements font le même chemin ! Là où les lumières s’éteignent pas, là où tu me tiens la main, Prends ma vie si tu veux, mais coupe cette distance, ce matin ! **[Final Chorus]** Lumières renversées *(Les lumières !)*, rêves à l’envers *(Yeah !)*, On est sur deux rives de ce printemps nucléaire *(On a brûlé, t’entends ?!)*. Vitrines, miroirs, une histoire sans fin, Dans le reflet t’es là, dans le réel y’a plus rien ! *(Rien !)*. Lumières renversées... *(Dans les flaques, nos mensonges coulent)*, Et dans le monde sous mes pieds, c’est toi qui m’attends encore *(Toujours là !)*. Vitrines, miroirs, la pluie efface les traces, J’aime mon contour seulement quand ta silhouette y passe ! *(Que toi !)* **[Outro]** Seulement quand t’es là... Lumières renversées. *(Le beat se dissout, laissant place à un débit calme, fatigué)* Bizarre comme une seule flaque peut garder autant de mémoire. Le réel est froid. Mais là, dans le reflet, on est encore heureux. Je fais un pas. L’eau se calme. Mais mon double dans la vitrine est encore là. À côté de ton reflet, je t’aime encore...