Le port ne tient plus sa forme Il respire comme un corps qui dort Le métal et l’eau changent de nom Quand je regarde, ils ne sont plus les mêmes J’avais une preuve—elle s’est dissoute De l’encre dans l’eau, tout se résout Chaque visage que j’essaie de voir Se détourne avant d’être moi Quelque chose dans l’air ne va pas Le temps s’étire, ne revient pas Et je sens le sol oublier Comment rester, comment exister Je cherche une structure— ça devient du bruit Je cherche le silence— ça devient un choix Pas de billet pas de point d’entrée juste une gravité impossible à quitter le monde se penche, commence à plier comme s’il n’avait jamais voulu m’emmener Pas de contrôle pas de ligne droite juste quelque chose qui porte mon état et chaque fois que j’essaie de guider tout l’architecture disparaît Le navire attend portes ouvertes mais sa forme ne m’est pas offerte un côté tire comme un souvenir l’autre comme une machine à fuir Le vent n’est plus du vent—instruction il pousse mes pensées en dérivation je bouge sans vraiment décider je bouge parce que je commence à céder Le pont devient quelque chose qui respire une offrande qui n’arrête pas de vaciller et je sens mon équilibre se fendre entre ce qui est et ce qui semble attendre Et chaque prise que je croyais tenir tombe déjà avant de finir Pas de billet pas de point d’entrée juste une gravité impossible à quitter le monde se penche, commence à plier comme s’il n’avait jamais voulu m’emmener Pas de contrôle pas de ligne droite juste quelque chose qui porte mon état et chaque fois que je essaie de guider tout l’architecture disparaît J’arrête de lutter— pas par choix mais par fatigue dans ma voix Et dans cet espace entre deux combats le port perd toute sa hauteur là-bas le navire n’est plus vraiment un navire juste quelque chose qui attend de s’ouvrir Pas de vent pas de foule pas de nom juste l’écho du même son Pas de billet pas d’entrée juste quelque chose sous ma peau scellée et quand je cesse de tout commander le monde finit par comprendre Pas de contrôle pas de dernière ligne juste une dissolution dans le temps qui traîne et je n’étais pas fait pour diriger— j’étais fait pour disparaître… puis revenir Le port se réinitialise… mais moi non je me réveille dans le mouvement