L’homme s’est fait son dieu, son temple et son image, Il prie son propre nom et s’adore en carnage. Sous le sceau du progrès, il boit sa pourriture, Et gît dans son tombeau qu’il nomme sa nature. Les cieux se sont voilés devant sa suffisance, Il rit de l’Éternel et prêche la clémence, Mais son rire est un glas, son verbe un couperet, Car l’amour sans la Loi n’est qu’un masque doré. La famille chancelle en sombre décadence, L’homme et la femme - hélas ! - renient l’heureuse alliance. L’enfant n’a plus d’honneur ni d’âme à confesser, On lui vend l’innocence avant de la blesser. Les autels sont ornés de fausses bienveillances, Mais nul n’y cherche Dieu, sinon par convenance. Le prêtre est consultant, le saint un figurant, Et la croix n’est qu’un sceau d’un décor éclatant. L’université parle en langue du soupçon, Elle juge la foi à l’aune du frisson. Les docteurs du néant enseignent aux enfants Que toute vérité n’est qu’un mot décevant. Les nations se dissolvent au nom de l’univers, Et leur foi se corrompt dans le doute pervers. Elles prêchent l’amour, craignant la différence, Et sèment le néant sous le mot “tolérance”. Les juges ont trahi la justice éternelle, Et punissent le vrai, protégeant le rebelle. La Loi n’est qu’un miroir pour flatter les puissants, Et le droit s’est vendu aux mots des violents. Les rouges endiablés s’unissent aux verts autels, Leurs hymnes font danser les peuples infidèles. Le monde bat des mains devant ce mariage, Et bénit son tombeau au nom du grand partage. Les faux prophètes vont, drapés de blanches flammes, Leurs lèvres font couler le miel qui brûle l’âme. Ils diffusent sans bruit le venin du mensonge, Et leurs pas font ployer la terre qui se ronge. Mais Dieu voit de Sion la folie des nations, Et son Esprit murmure aux populations : « Je détruirai vos tours, vos temples et vos trônes, Et je ferai germer mes lys sur vos couronnes. » Vincent Bru, 25 novembre 2025


