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T | 08 • Le Prix des Éveillés

Une lumière. Puis une autre. Ma main quitte la pierre. Et son cri me transperce. Qui es-tu ?… L’autel répond sous mes doigts. Les symboles brûlent sous ma peau. L’obélisque déchire le ciel Comme s’il ouvrait un tombeau. Je me retourne... Je te vois. Le sable vole derrière chacun de tes pas. Ton souffle se brise, tes mots volent en éclats. « ARRÊTER QUOI ?? » Depuis quand ne suis-je pas seul dans cet endroit ? Tu ne fuis pas… Tu cours vers moi ? Tu sembles me connaître… Comment… et pourquoi ?… Puis… Le désert s’effaça… Le sol n’est plus du sable. Le ciel s’est transformé Une cage immense, instable. Une odeur de sang séché… Mes compagnons grondent autour de moi. Et… Toi… Tu es seule, terrifiée… Je comprends pourquoi. Pourquoi tu criais. Ce n’était pas la mort. Mais elle qui nous attendait. Je serre mon arme, fort, Tu cherches à te dissimuler. Mais dans cette arène… Rien ne pourra lui échapper. Un rugissement fend le silence. L’air devient plus lourd. Mes Rex forment une ligne de défense. Une ombre nous tourne autour. Mes griffes… Mes crocs… Toute cette armée… Semble soudain si mal adaptée... Elle apparaît dans les airs. Des ailes immenses et décharnées. Un dard cherchant nos chairs. Des griffes taillées pour régner. La gardienne de cette prison ... Cette lionne ailée à queue de scorpion… Je donne les ordres, chacun connaît sa voie, Les balles sifflent, les crocs s’enfoncent, tout explose autour de moi, Les Yutys galvanisent pendant qu’les Rex encaissent les coups. Chaque instant cherche à nous faire ployer le genou. Elle vole, elle plonge, elle disparaît dans la lumière, Je te vois courir seule au milieu des éclairs, Tu tends tes mains vers moi, je vide mon sac à tes pieds. Chaque souffle arraché, nous permet de contre-attaquer. Je voudrais couvrir chacun de tes mouvements, Mais protéger les autres me coûte déjà chaque instant. Tu couvres les arrières de mes compagnons. Des volées de flèches noircissent l’horizon. J’ordonne à mon Yuty de protéger les tiens. Mais ce géant ailé s’acharne à sceller nos destins. Un rugissement s’éteint… Puis un autre se tue. Je rassemble les miens… Mon Yuty ne répond plus. Je les entends tomber. Tous. Un… Par… Un. Je connais leurs regards. Le dernier souffle. La confiance… Sans peur. Ils m’ont suivi. Jusqu’au bout. Pardonnez-moi… Mon cœur s’emballe, mes mains tremblent. Je vous avais promis… Que nous rentrerions tous ensemble… Alors je refuse, je reprends les armes! Je n’abandonnerai personne. Chaque rugissement, renforce nos âmes Chaque coup porté résonne. Je tourne la tête… la rage au ventre, tu es là Inébranlable, derrière moi. Deux silhouettes, un seul battement, une seule lame. Pour la première fois. Ni poursuivie Ni poursuivant. Simplement… Deux survivants! Puis le monstre s’écroule … Le temps semble s’arrêter. De nos yeux les larmes coulent. Tant de compagnons blessés. Et pour la dernière fois sur ce sol… Des empreintes à jamais gravées… … Puis tout s’efface… Une nouvelle fois… … La lumière nous emporte. Un fois de plus, la même histoire. Cette… ascension… N’a rien d’une victoire. Je croise ton regard. Tu ne souris pas. Un monde plongé dans le noir, apparaît devant moi. Nous pensions quitter, cet enfer calciné. Nous n’en avions franchi… Que le palier.