
Regard, télé, débat — nos âmes signées, vendues, claquées T'as voté, t'as cru — mais tu votais pour qui, pour quoi, pour quand ? Des images bien foutues, des discours bien léchés La France qu'on nous vend — putain c'est pas celle où on crève chaque jour en trébuchant Regard, télé, débat — nos âmes signées, vendues, claquées La gueule qu'on affiche et la gueule qu'on se mange Y'a un gouffre entre les deux mon frère — et personne en haut ne le voit changer Réalité retouchée — image filtrée, bien cadrée On t'emballe une vie en plastique, propre, pensée Payée au prix du progrès qu'ils répètent sans s'arrêter "Travaille bien, c'est long, mais ça vaut ce que ça vaut" — ouais, cause toujours Ces rois que le pouvoir octroie aux politiques de salon Leurs voix gravées dans le marbre, leurs phrases au micro, leurs discours de carton Pendant que toi tu pointes, tu sues, tu tiens le coup, tu tiens le bon Frère, t'es le carburant de leur belle épopée — et t'es même pas dans la chanson "Mange plus sain, fais du sport, fais attention à tout ça" C'est pas comme si t'avais pas le temps, pas les thunes, pas l'éclat "Fais pas ci, fais pas ça" — chaque saison son nouveau mandat Un conseil de plus pour habiller une vieille prison d'éclats Regard, télé, débat — nos âmes signées, vendues, claquées T'as voté, t'as cru — mais tu votais pour qui, pour quoi, pour quand ? Des images bien foutues, des discours bien léchés La France qu'on nous vend — putain c'est pas celle où on crève chaque jour en trébuchant Regard, télé, débat — nos âmes signées, vendues, claquées La gueule qu'on affiche et la gueule qu'on se mange Y'a un gouffre entre les deux mon frère — et personne en haut ne le voit changer Les prix qui flambent au supermarché du coin Le loyer qui grimpe, le frigo qui rétrécit, le compte qui tire vers moins Et les on-dit qui circulent, qui viennent, qui repartent comme des vents Des rumeurs sur les réseaux — qui tiendra ? Qui se casse ? Qui ment ? On parle de nous — mais c'est qui "nous" dans leur bouche à la con ? Les assistés, les planqués, les banlieues flous, les emmerdeurs du fond ? Ou c'est toi, moi, le gars qui bosse la nuit, qui se lève à l'aube en marmon Qui paye ses impôts sans broncher — et qu'on entend jamais dans leurs émissions Bla bla bla — le gouvernement nous gave de mots Les experts défilent, la corrida, chacun son micro, chacun son tempo Pendant qu'en bas on compte les fins de mois à la loupe, à tâtons, à l'aveugle Et le droit dans tout ça ? On le voit où le droit — montre-moi, je cherche, je bugle Regard, télé, débat — nos âmes signées, vendues, claquées T'as voté, t'as cru — mais tu votais pour qui, pour quoi, pour quand ? Des images bien foutues, des discours bien léchés La France qu'on nous vend — putain c'est pas celle où on crève chaque jour en trébuchant Regard, télé, débat — nos âmes signées, vendues, claquées La gueule qu'on affiche et la gueule qu'on se mange Y'a un gouffre entre les deux mon frère — et personne en haut ne le voit changer La France — belle sur les cartes postales, propre sur les discours Mais dans la rue c'est une autre chorégraphie, un autre parcours On survit, on s'adapte, on sourit pour pas tout lâcher en cours Parce que pleurer sur ce qu'on voit — ça changerait quoi au long des jours Alors on chante, on rappe, on dit tout haut ce qu'ils font semblant de pas entendre Nos voix vendues ? Non — pas celle-là, pas la mienne, pas la vôtre à défendre Celle-ci elle est libre — et elle te regarde droit dans les yeux sans se rendre

