
Ben oui toé… Bienvenue au Québec! Icitte, on s’entraide. Pis c’est ben correct de même. Mais quand tu prends le filet social pour un hamac… Là, mon chum, on va s’parler! Moé j’me lève à six heures, y fait frette en tabarnak, J’gratte le char dans cour, mon café dans mon sac. Le gaz coûte un bras, l’épicerie coûte les deux, Pis mon beau p’tit salaire disparaît à vue d’yeux. Pendant c’temps-là, y’a toujours un p’tit génie, Qui connaît chaque formulaire mieux qu’son propre CV : « C’te programme-là donne combien? Pis çui-là, j’peux-tu l’avoir? » Sacrament mon champion, as-tu pensé à aller travailler à soir? Passe-moé donc la facture, câlisse! On va payer ça à gang, comme d’habitude icitte! Un p’tit chèque par-citte, un autre programme par-là, Pis c’est ti-coune qui travaille qui ramasse tout ça! Mais mêlez-moé pas ceux qui en ont besoin pour vrai, Celui qu’est malade, handicapé ou qui vient d’tout perdre d’un trait. Un filet social, c’est fait pour te r’mettre debout, Pas pour t’installer dedans pis dire : « Envoye donc, payez pour nous autres, vous autres! » Que tu viennes de Québec, de Laval ou d’Montréal, De Tunis, d’Haïti, du Maroc ou du Sénégal, Si t’arrives icitte pour travailler pis avancer, Bienvenue chez nous, mon chum, viens donc participer! Mais que t’aies vingt ans, cinquante ans, que tu sois né icitte ou ailleurs, Si ton métier c’est d’chercher comment contourner l’inspecteur, Viens pas m’conter qu’frauder, c’est un projet d’intégration : Le Québec, c’est une société, Pas un ostie d’guichet automatique sans fond! Pis y’a l’p’tit gars qui grandit dans pauvreté, Qui voit sa mère compter ses trente sous pour manger. Si l’aide sociale traîne dans famille depuis longtemps, Ça veut pas dire qu’le jeune est condamné à faire pareil en grandissant. Donne-y une formation, une job pis une vraie occasion, Avant d’y coller dans l’front l’étiquette d’une génération. Parce que casser l’cycle, ça prend plus qu’un sermon : Ça prend une porte ouverte Pis quelqu’un qui montre comment sortir du rond. Passe-moé donc la facture, tabarnak! Hydro, l’hypothèque pis les taxes dans l’backpack! Le Québécois moyen regarde son relevé : « Voyons donc câlisse… y m’reste-tu vingt piasses pour souper? » On veut aider l’monde, pis ça, faut pas l’enlever, Parce qu’une mauvaise passe peut arriver à n’importe qui, tsé. Mais si tu fourres volontairement le système pendant des années, Viens pas brailler quand quelqu’un demande : « On pourrait-tu vérifier? » Parce qu’on va s’dire les vraies affaires… C’est pas l’jeune, le problème. C’est pas l’immigrant, le problème. Pis c’est certainement pas l’pauvre qui a réellement besoin d’aide. Le problème… C’est l’profiteur. Qu’y s’appelle Tremblay, Gagnon, Mohammed ou Rodriguez, on s’en câlisse ben raide. Même Québec. Même règles. Même responsabilité. T’as besoin d’aide? On t’aide! Tu veux t’en sortir? On t’aide! T’es pas capable de travailler? On t’abandonne pas! Mais tu peux travailler, tu fraudes, pis tu ris du monde qui paye? Ben là… TABARNAK! Passe-moé donc la facture, mon Québec! Généreux en maudit, mais faudrait garder nos lunettes! Aider les plus faibles, ça fait partie d’nos valeurs, Mais surveiller les abus, ça fait pas d’nous autres du monde sans cœur. Du jeune au vieux, du nouvel arrivant au Tremblay, Si t’as besoin du filet, y devrait être là pour t’aider. Mais si tu l’transformes en hamac pour jamais te relever… Ben viens pas être surpris si ceux qui payent commencent à sacrer! Parce qu’un Québec généreux… Ça veut pas dire un Québec cave. Aide ceux qui en ont besoin. Donne une chance à ceux qui veulent avancer. Pis ceux qui fraudent volontairement? Envoye mon champion… Deboutte. On participe.

