
[Couplet 1] Les murs boivent des syllabes sans visage, Mon souffle pèse autant qu'un livre noyé. Chaque pensée polit son propre rivage, J'habite un silence impossible à plier. L'encre mastique des promesses stériles, Le verre apprend la langue des fissures. Mon nom s'effrite en poussières dociles, Comme un serment dissous dans l'eau obscure. [Pré-refrain] À force d'habiter ma propre absence, Je ne distingue plus la peau du vide. Même les heures refusent leur cadence, Le cœur devient une serrure humide. [Refrain] Déformée âme... Prison sans geôlier, cathédrale sans psaume. Je parle aux cendres d'un visage infidèle, Qui porte encore mon souffle sous ses ailes. Déformée âme... Le ciel me laisse une couronne de plomb. Je tombe sans chute, je crie sans voix, Et le néant apprend doucement mon nom. [Couplet II] Les miroirs gardent des lèvres étrangères, Ils me rendent un masque usé jusqu'à l'os. Chaque sourire est une ancienne frontière, Où l'espérance expire sans repos. Le sel compose une lente liturgie, Autour d'un cœur devenu mobilier. Je compte l'écho comme une maladie, Dont nul pardon ne pourrait m'oublier. [Pré-refrain] Mon ombre épouse une chaise inutile, Comme un condamné caressant ses chaînes. L'intérieur brûle d'une flamme immobile, Qui ne réclame ni pardon ni haine. [Refrain] Déformée âme... Prison sans geôlier, cathédrale sans psaume. Je parle aux cendres d'un visage infidèle, Qui porte encore mon souffle sous ses ailes. Déformée âme... Le ciel me laisse une couronne de plomb. Je tombe sans chute, je crie sans voix, Et le néant apprend doucement mon nom. [Pont] Si la lumière existe encore quelque part, Qu'elle oublie jusqu'au contour de mes paupières. Je préfère la vérité des couloirs, Où les fantômes respirent la poussière. Mon dernier refuge n'a plus de serrure, Seulement des pages qu'aucune main n'effleure. Le monde poursuit son immense murmure, Sans remarquer la noyade d'une heure. [Outro] Je ne cherche plus l'aube, ni la délivrance. Je laisse le silence finir la phrase. Une âme tordue ne réclame aucune chance, Elle devient lentement son propre vase.

