
C’est pas un adieu, c’est un souffle. J’laisse mes mots flotter, comme des cendres au vent. J’ai plus besoin d’crier, j’ai dit c’que j’pouvais. Maintenant j’écoute ce qu’le monde répond, lentement. J’ai marché dans la boue, dans les sons, dans les guerres, J’ai vu des hommes prier sans savoir quoi faire. J’ai cru à la musique comme on croit à Dieu, Mais même les notes saignent sous les feux. J’ai vu des gosses rapper pour survivre, Des poètes mourir sans livre. J’ai mis mes tripes dans chaque mot, Mais parfois, ça suffit pas pour guérir le chaos. Les rimes m’ont sauvé, les silences m’ont trahi, Et la vérité, frère, m’a vieilli. Alors j’rappe encore, pas pour briller, Mais pour que l’écho ne meure jamais. C’est mon dernier vers, pas ma dernière foi. Si j’pars, c’est qu’le monde parlera sans moi. Mes mots sont vieux, mais mes rêves sont clairs, J’laisse la plume au vent, légère. J’me suis battu contre mes ombres, Contre l’orgueil, contre les nombres. Chaque track, une prière, un cri, Chaque ligne, une part d’oubli. J’ai pas changé l’monde, j’l’ai juste regardé, Mais au moins, j’l’ai fait sans détourner. J’parle pas d’avenir, j’parle de mémoire, Parce que l’espoir, c’est d’se souvenir du noir. Y’a des feux qu’on rallume qu’en tombant, Des vérités qu’on comprend qu’en partant. Et si mes mots s’effacent demain, Qu’ils deviennent pluie sur d’autres chemins. C’est mon dernier vers, pas ma dernière foi. Si j’pars, c’est qu’le monde parlera sans moi. Mes mots sont vieux, mais mes rêves sont clairs, J’laisse la plume au vent, légère. J’écris pour ceux qu’ont plus d’encre, Pour ceux qu’ont pas d’voix, qu’ont plus d’temps. J’leur dis : “Vivez vrai, même lentement, Y’a d’la beauté dans chaque tremblement.” Le stylo tombe, mais pas la flamme. Kelzan s’éteint, mais l’homme réclame. Un peu d’paix, un peu d’air, Entre les lignes de mon dernier vers.


