
Les jours se copient. Les nuits aussi. Une ville sans nom. Des pièces sans murs. Des émotions jouées, comme des rôles appris. Et toi je t’ai vu. Tout de suite. Je sais. Je ne sais pas. Ce que je suis pour toi. Ce que tu es pour moi. Je reste là, dans le battement, dans le faux décor qui devient vrai. Nue. Oui je me sens nue. Aucune fuite. Aucun argument. On ne dira pas pourquoi. On ne saura pas. Nue. Et ça tient debout rien qu’avec ton regard. Les lumières mentent, mais doucement. Les visages passent, sans se passer. On est les taches de couleur dans la monotonie. Le seul défaut qui ressemble à la vie. Et je n’arrive pas à comprendre “nous”. Pourquoi nous. Pourquoi ici. Je sais. Je ne sais pas. Je tremble un peu quand tu t’approches. Comme si mon cœur signait un pacte sans papier, sans preuve. Nue. Oui je me sens nue. Aucune fuite. Aucun argument. On ne dira pas pourquoi. On ne saura pas. Nue. Et ça tient debout rien qu’avec ton regard. Personne ne doit comprendre. Même pas nous. Dans ce décor qui se répète, on fait une brèche. Nue. Oui je me sens nue. Aucune fuite. Aucun argument. Qu’on se rencontre… c’est sans raison. Nue. Dans la monotonie, on est la couleur qui refuse de disparaître.

