Briefing du matin, café dans la main Le chef dit “bon, aujourd’hui c’est simple, hein Y a trois branches à couper là-haut Qui veut grimper ? allez, c’est cadeau” Le collègue devient blanc comme un mur Le vertige lui serre la ceinture Il recule d’un pas, puis de deux Et dit “les arbres, moi, ça me rend nerveux” Désolé Monsieur le Directeur Mais là je parle avec mon cœur Gloups, si je grimpe là-haut, ma Nana avec son tempérament… Ça va chauffer pour mon matricule forcément Je vous jure elle fait peur parfois Quand elle dit “tu montes pas là” Si je tente le coup malgré tout, elle va me damer le pion Et…oups, vous faire chauffer les arpions Non non non, on joue pas avec la sécurité Une échelle bancale et un vieux sécateur rouillé Pas de casque, pas de corde, rien pour assurer Ça sent surtout la grosse galère annoncée Et si le chef dit “allez c’est sécurisé” Là je connais déjà ce que ma Fred va me lancer “Mais bien sûr… et mon cul c’est du poulet ? On te raconte n’importe quoi et toi t’es prête à gober !” Elle va encore me dire “ouvre un peu les yeux Ton plan là, il sent le coup foireux” On n’est pas là pour tenter le diable Même si l’arbre a l’air adorable Alors ton arbre et ton sécateur Tu peux les garder, merci “Monsieur le Directeur” J’ai son tel, je vais l’appeler, toi tu crois que c’est du nougat ??? Le nez dans la merde tu diras encore que c’est du chocolat ???? Le chef soupire, regarde le ciel Dit bon sang mais quel bordel Astra croise les bras bien droits Et dit, écoutez-moi bien là Entre grimper et finir par terre Moi je préfère garder mes vertèbres On peut avoir le cœur vaillant Mais pas risquer sa peau pour du vent Alors non non non, pas aujourd’hui Les cascades c’est pour le cinéma, merci Un arbre ça repousse, un bras beaucoup moins Alors la sécurité passe avant tout le reste, point Et dans le bureau du directeur On entend encore ce chœur Si je monte là haut, je vous le dis tout net ça va être ma fête ma Fred va me faire la tête et me tailler les oreilles en pointes, j’ai trop honte alors votre arbre aujourd’hui…hors de question qu'j’y monte