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Le plus bel endroit du monde

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# Le plus bel endroit du monde J’ai regardé le monde derrière des fenêtres, Des trains qui s’en vont, des avions qui reviennent, J’ai suivi des routes sans savoir où elles mènent, Juste pour voir ce que l’horizon pouvait promettre. J’ai connu des matins dans des villes inconnues, Des places encore vides au lever du soleil, Des nuits où la musique descendait dans les rues, Et des rencontres qui rendaient le monde plus beau. J’ai vu des lumières se poser sur la mer, Des ponts traverser des fleuves comme des histoires, J’ai dansé avec des gens rencontrés la veille, Et ri avec eux comme si l’on se connaissait depuis toujours. Mais plus je partais loin, Plus une évidence grandissait en moi : On peut admirer mille endroits Et compter les départs sans compter les retours. Car le plus bel endroit du monde N’est pas toujours celui qu’on photographie. C’est celui où quelqu’un vous attend, Où un visage s’éclaire en vous voyant arriver, Où une voix prononce votre prénom Comme si le trajet entier n’avait servi qu’à ça. J’ai rencontré des personnes au grand cœur, Celles qui donnent avant qu’on leur demande, Qui vous offrent une place à leur table Et quelques heures de leur vie Sans regarder l’heure passer. J’ai connu des amis devenus presque des frères, Des gens restés loin, derrière d’autres gares, Avec des silences qui s’allongent entre deux messages, Des années qui passent sans qu’on sache vraiment Qui a changé, qui manque, qui tient encore bon. Et pourtant, quand un nom s’affiche sur l’écran, Le manque revient d’un coup, très net, Comme une chaise vide à côté de la vôtre, Comme une fête sans les mêmes visages, Comme un rire qu’on reconnaît avant même de l’entendre. Il y a aussi ces amours Que les années n’ont pas complètement emportés. Une chanson commence… Et voilà qu’un regard revient. Une rue. Une soirée. Deux mains qui se cherchaient. Un été où nous pensions Que demain était encore très loin. Alors la musique monte, Les souvenirs se mettent à danser, Et pendant quelques minutes Le voyage s’efface au bord du retour. Danse avec moi encore une fois, Comme quand nous n’avions rien à perdre, Quand la nuit semblait nous appartenir Et que rentrer voulait dire rester. Danse avec moi encore une fois, Pour les amis que l’on n’oublie pas, Pour la famille qui reste notre refuge, Pour ceux qui vivent loin mais jamais loin du cœur. J’irai peut-être encore voir le monde, Me perdre dans des rues que je ne connais pas, Prendre un train simplement parce qu’il part, Et changer de chemin parce qu’une musique m’appelle. Je veux encore rencontrer, Partager, Aimer, Rire jusqu’à oublier l’heure. Je veux revenir avec des histoires, Pas seulement avec des photos. Car les voyages les plus précieux Ne remplissent pas les valises. Ils remplissent la mémoire. Et quand les années auront passé, Je ne compterai pas les pays visités. Je compterai les gens Qui ont rendu le chemin plus beau. Les amis qui m’ont ouvert leur porte. Les inconnus qui m’ont offert leur bonté. Les amours qui ont fait battre mon cœur. La famille qui m’a toujours laissé une place. Et cette personne… Peut-être loin aujourd’hui, Mais toujours quelque part dans mes pensées. Alors si tu me demandes un jour : « Parmi tout ce que tu as vu, quel était le plus bel endroit du monde ? » Je ne te parlerai ni d’une capitale, Ni d’une plage, Ni d’un monument. Je te parlerai d’une porte qui s’ouvre. D’un regard qui s’illumine. De deux bras qui vous accueillent. Et de cette seconde précise Où le voyage se termine et où tout commence : Tu es attendu. Tu es aimé. Tu es rentré. Voilà. **C’était là, le plus bel endroit du monde.**