
L'Alphabet du Veilleur
[Intro] Sous l’œil fermé du ciel d’obsidienne, Une main sans chair dénoue nos chaînes. Dans le miroir où la nuit se souvient, Le Veilleur grave un signe ancien. [Verse 1] Dans le sel noir des chambres closes, Il fait saigner les vieilles roses. Il coud nos songes avec du verre, Et change nos cris en poussière. Le plomb s’éveille au fond des veines, Le mercure rit sous nos chaînes. Chaque visage, chaque nom, Tourne au creux d’un vieux blason. Sous la peau dort une formule, Un serpent d’or que rien n’annule. Et dans la bouche des miroirs, Une autre langue apprend le soir. [Pre-Chorus] Nous croyions suivre notre route, Mais le cercle avançait sous la voûte. Chaque pas, chaque douleur, Servait l’alphabet du Veilleur. [Chorus] Veilleur, Veilleur, sous les cendres, Qui sait vraiment ce que tu viens reprendre ? Tu noues nos nerfs dans le silence, Et fais de nos fautes une science. Veilleur, Veilleur, maître des mues, Tu changes en clef ce qui nous tue. Sous tes fils, nos corps tremblants, Deviennent les portes d’un autre temps. [Verse 2] Dans la cornue des villes pâles, Nos ombres boivent un vin astral. La lune inverse, au fond des os, Grave des chiffres sous notre peau. La main qui guide n’a pas de face, Elle plie la chair, l’âme et l’espace. Elle fait du cri noir un secret, Et du vouloir un vieux portrait. Le libre arbitre est une écume, Un faux soleil, une vieille brume. Et l’Homme avance, lentement défait, Vers le futur qu’on lui promettait. [Pre-Chorus] Un fil d’argent traverse la plaie, Un roi sans trône ouvre le secret. Ce qui nous brise en chemin, Forge la serrure du matin. [Chorus] Veilleur, Veilleur, sous les cendres, Qui sait vraiment ce que tu viens reprendre ? Tu noues nos nerfs dans le silence, Et fais de nos fautes une science. Veilleur, Veilleur, maître des mues, Tu changes en clef ce qui nous tue. Sous tes fils, nos corps tremblants, Deviennent les portes d’un autre temps. [Bridge] Solve, le nom tombe en poussière, La chair se vide de sa lumière. Coagula, la cendre apprend, À devenir temple vivant. Le masque fond, le sceau demeure, L’or noir remonte au fond du cœur. Et dans le vide, lentement, Naît un autre commandement. [Final Chorus] Veilleur, Veilleur, dans l’œuvre noire, Tu caches l’aube au fond du soir. Tu tiens la clef, tu tiens le sang, Tu tiens la mue sous l’accident. Veilleur, Veilleur, roi des passages, Scribe muet des héritages. Quand l’Homme tombe entre tes mains, Son ombre enfante un autre humain. [Outro] Au dernier seuil, plus rien ne sonne, Dans le vieux temple, aucun pardonne. Mais sous ma peau, dans le lointain, Le Veilleur rêve un autre humain.

