
[Intro — electric piano seul, motif répété, légèrement plus lent qu'à l'accoutumée] Y'a ce moment, entre deux et quatre heures du matin, où tout devient trop réel. [Verse 1 — guitare électrique entre, notes hautes et espacées, voix très proche du micro] J'avais éteint la lumière du couloir, comme si ça changeait quelque chose. Le plafond était le même, les ombres, pareilles. Mais dans ma tête — dans ma tête, y'avait ce nom que j'arrêtais pas de former sans jamais le dire à voix haute. [Bridge — basse discrète, quelques rim taps très légers, atmosphère suspendue] J'sais pas à qui j'en veux, exactement. À toi, peut-être. Ou à moi d'avoir cru que c'était solide, que c'était fait pour durer plus d'un hiver. [Reprise — rythme qui se resserre légèrement, voix qui accélère, plus de tension] J'me retourne, j'compte les bruits dehors — une voiture, deux voitures, quelqu'un qui rentre tard. J'me demande si tu dors, toi. J'me demande si tu t'en souviens. J'me demande, j'me demande — et puis j'arrête, parce que ça mène nulle part, et j'le sais. [Outro — accordéon qui entre tout doucement, piano et guitare s'entrelacent, voix plus lente] À 3h14, j'ai failli t'envoyer un message. J'ai pas envoyé. Mais j'ai failli — et c'est peut-être ça, le plus honnête que j'aie jamais été.

