
Crisse que j’ai attendu ton arrivée J’étais tout seul icitte, à geler Maintenant qu’t’es là, reste donc un peu J’te jure, ça s’ra pas ben long, si tu veux Mais au fond d’ma tête, j’le sais déjà J’voudrais te garder pour toujours avec moé Dehors, le vent fesse sur les vieux carreaux Pis la neige enterre le rang jusqu’aux poteaux J’efface la peau du bout de mes doigts Le froid de la chair engourdit c’qui reste en moé Des images croches, des traits ben trop parfaits Sous la lune blême d’un maudit soir de janvier Refrain Je danse avec les morts dans mes rêves J’entends leurs cris étouffés dans la nuit Les morts ont fini par prendre mon âme Pis la tentation mène ma vie Je danse avec les morts dans mes rêves Quelque part perdu dans l’bout d’la Mauricie Y’a pu personne pour entendre leurs plaintes Juste les épinettes qui grincent dans nuit Couplet 2 Un p’tit sourire échappe à mes yeux fous Tabarnak, ma raison tient pu debout J’perds tranquillement le contrôle de ma tête Le réel pis mes fantasmes font la fête Des yeux vides surveillent mes créations Des faces tranquilles figées sans expression Dans les profondeurs de mon esprit magané J’sais même pu c’qui est vrai, c’qui est inventé Sur la 155, y’a personne à soir Juste un vieux pick-up qui disparaît dans l’noir La radio griche, le chauffage veut rien savoir Pis moé j’retourne encore dans mon cauchemar Refrain Je danse avec les morts dans mes rêves J’entends leurs cris étouffés dans la nuit Les morts ont fini par prendre mon âme Pis la tentation mène ma vie Je danse avec les morts dans mes rêves Sous un ciel noir en maudit Le bon sens a sacré son camp depuis longtemps Pis y reste juste les morts pis moé icitte Pont J’efface la peau du bout de mes doigts Le contact glacé calme le vacarme en moé Des silhouettes deviennent mes ornements Des souvenirs que j’devrais pas garder Câlice que tout devient mêlé Ma raison descend l’escalier Les yeux ouverts, mais y voient pus rien J’ai franchi la ligne pis j’reviens pu ben Des visages placides dans le corridor Un défilé silencieux qui sent la mort Au plus profond d’un cerveau en morceaux Le rêve pis le vrai portent le même manteau Finale Je danse avec les morts dans mes rêves (Allô?… Monsieur Gagnon?) J’écoute leurs cris étouffés (Monsieur Gagnon… ouvrez-moi la porte…) Les morts ont pris mon âme (J’veux m’en aller d’icitte, Monsieur Gagnon…) La tentation m’a échappé (J’veux pu jouer à ça… ouvrez, câlice!) Je danse avec les morts dans mes rêves (Monsieur Gagnon… c’est pu drôle pantoute…) J’écoute leurs cris étouffés (Laissez-moi sortir… j’veux rentrer chez nous!) Les morts ont pris mon âme (Monsieur Gagnon! Ouvrez-moi, tabarnak!) La tentation m’a échappé (LAISSEZ-MOI SORTIR D’ICITTE!) Puis dehors, y’a juste le vent qui répond Dans l’fond d’un rang perdu du Québec La neige recouvre tranquillement les traces Pis moé… Je danse encore avec les morts.

