
[Intro - Bandonéon solo, notes dissonantes, silence pesant. Contrebasse pizz qui frappe 3 temps] [Verse 1 -Voix grave, posée, presque monotone sur un rythme de marche lente] Si peu d’oeuvres pour tant de fatigue et d’ennui ! De stériles soucis notre journée est pleine : Leur meute sans pitié nous chasse à perdre haleine, [Accélération soudaine du bandonéon] Nous pousse, nous dévore, et l’heure utile a fui… [Refrain - Tempo plus rapide, voix chantée avec âpreté, appuyée par le piano en accords secs] « Demain ! J’irai demain voir ce pauvre chez lui, « Demain je reprendrai ce livre ouvert à peine, « Demain je te dirai, mon âme, où je te mène, [Pause. Silence de 2 secondes. Voix grave et lourde] « Demain je serai juste et fort… pas aujourd’hui. » [Interlude instrumental - Bandonéon furieux, violon qui grimpe dans l’aigu, tension maximale] [Verse 2 - Retour au murmure parlé, presque désabusé, sur fond de contrebasse seule] Aujourd’hui, que de soins, de pas et de visites ! [Entrée brutale du piano et du bandonéon en staccato] Oh ! L’implacable essaim des devoirs parasites Qui pullulent autour de nos tasses de thé ! [Bridge - Crescendo dramatique, voix qui se révolte puis s'éteint] Ainsi chôment le coeur, la pensée et le livre, Et, pendant qu’on se tue à différer de vivre, [Outro - Tempo ralenti, presque un souffle. Bandonéon en note tenue, très grave] Le vrai devoir dans l’ombre attend la volonté... [Chuchoté, très grave, réverbération sombre] ...attend la volonté... [Bandonéon se tait. Dernier coup d'archet du violon, seul].

