Copyright CyanUr 2026 Je suis ce qui passe et ne tient jamais… Le mouvement pur que tu veux saisir… Je suis ce qui passe et ne tient jamais, Le mouvement pur que tu veux saisir, Mais dès que ton regard me reconnaît, Je perds le flux, je cesse de fuir. Tu veux me voir, me donner contour, Me retenir dans une forme claire, Mais toute forme est déjà un détour Vers ce qui me fige et me minéralise. Ne me fixe pas — tu me condamnes, Je vis dans l’angle où rien ne reste, Tout ce que ton regard réclame Devient statue dès qu’il s’atteste. Je suis les atomes du temps vivant, Et je meurs dans ce que tu vois, Tu veux me prendre au présent, Mais me prendre, c’est n’être plus moi. Je suis le flux, je suis la fuite, Ce qui respire hors de tes lois, Et si tu m’arrêtes une seconde, Je deviens pierre entre tes doigts. Je me déplace hors de tes lignes, Je glisse ailleurs quand tu t’approches, Je suis ce qui vibre et se délie De tout ce que ton monde accroche. Tu veux me nommer, me contenir, M’inscrire enfin dans ta mémoire — Tout ce que tu vois de moi est déjà mort. Si tu m’aimes, ne me retiens pas, Ne cherche pas à me comprendre, Je suis ce qui vit hors de toi Et ce qui te traverse sans prendre. Je vis seulement là où tu renonces, Là où tes mains cessent de vouloir, Je deviens souffle quand tu t’effaces, Et mouvement dans ton regard. Je suis les atomes du temps fuyant, Ce qui t’échappe pour exister, Tu veux me voir pleinement présent, Mais me voir, c’est me figer. Je ne peux vivre dans ta lumière Que si tu acceptes de perdre, Je suis l’instant — mais je persévère Seulement si je peux me défaire. Je suis— là… là… là… — non… non… plus là… Je— je suis ici… ici— ici— Non là… — déjà parti… (rire glitché) ha— ha— ha… … tu peux pas— tu peux pas… me— garder…


