
Tous les p’tits dieux sont perchés dans les épinettes Ben trop sacrés pour descendre icitte avec nous autres Pendant qu’on gèle nos culs dans l’hiver du Québec Eux autres regardent le monde virer tout croche L’amour, c’est une crisse de prison sans barreaux Pis l’prisonnier voit même pus la porte en avant Leurs signes dans les champs, leurs miracles à deux cennes C’est des rêves de fous qu’on prend pour des serments J’ai une clé pognée en travers de la gorge Pour débarrer’serrure derrière ton baiser Mon visage est un maudit chemin sans pancarte Comme les rangs perdus quand la poudrerie vient d’lever Pis quand toute va enfin s’ouvrir Ça va frapper comme un tabarnak de poing REFRAIN J’vas être ton hier, ton demain Pis tout c’qu’on aura jamais été J’vas être ton hier, ton lendemain Le souvenir qu’tu pourras pas enterrer Mon cœur, c’est un gun déjà chargé Chaque trou noir finit rempli de plomb J’suis juste un ange déchu, câlisse Qui cherche encore le chemin d’la maison J’ai marché Sainte-Catherine après minuit Quand Montréal avait l’air d’un purgatoire Les néons rouges saignaient dans la sloche Comme si l’enfer venait prendre un verre à soir J’ai vu les clochers pointer vers le ciel Pendant qu’en bas le monde sacrait après Dieu De Québec jusqu’aux rues de Gatineau On cherche tous quelque chose dans le feu C’est l’heure de faire face à c’qui brille Même si la lumière nous brûle les yeux Viens donc avec moé dans l’éternité Là où même les saints ont peur du Bon Dieu Mon amour pour toé est noir en sacrament Plus noir qu’un sourire de sorcière à minuit Une main dans l’feu, l’autre prise dans glace Le cœur en enfer, la tête dans nuit PRÉ-REFRAIN Un dernier verre avant qu’ça parte en guerre Verse-moi ça fort, j’veux pus rien sentir La larme de Lucifer coule sur mes lèvres Comme un dernier péché avant d’partir Un dernier verre avant qu’ça parte en guerre Pas d’eau bénite, pas d’hostie de pardon La larme de Lucifer coule sur mes lèvres Pis le Diable connaît déjà mon nom REFRAIN J’vas être ton hier, ton demain Pis tout c’qu’on aura jamais été J’vas être ton hier, ton lendemain Pis même c’que le temps pourra pas effacer Mon cœur, c’est un gun déjà chargé Les chambres pleines de nos illusions J’suis juste un ange déchu, tabarnak Qui cherche encore le chemin d’la maison Mon cœur, c’est une arme qui dort jamais Chaque cicatrice devient une munition J’suis juste un ange déchu, câlisse Qui cherche encore le chemin d’la maison PONT On est les élus de personne Les condamnés Les sacrés damnés Les pas sauvés Les enfants perdus des nuits de Montréal Les fantômes gelés des rues de Québec Les âmes maganées qui longent l’Outaouais Pendant qu’le ciel nous répond : « Arrangez-vous avec vos problèmes! » On est les élus de personne Les condamnés Les maudits Les damnés Les jamais sauvés On est ceux qui cognent aux portes du paradis Pis qui s’font répondre : « Désolé, c’est fermé à soir! » Ben parfait, crisse. On va descendre en enfer. Au moins là-bas, y’a peut-être encore d’la place au bar. REFRAIN FINAL Mon cœur, c’est un gun déjà chargé J’ai rempli les trous avec mes démons J’suis juste un ange déchu, tabarnak Qui cherche encore le chemin d’la maison Mon cœur, c’est une arme déjà chargée Pis chaque balle porte un vieux prénom J’suis juste un ange déchu, câlisse Qui cherche encore le chemin d’la maison De Gatineau jusqu’au Vieux-Québec Sous les clochers, les croix pis les jurons J’ai cherché Dieu dans toutes les crisses de ruelles Mais j’ai juste entendu rire ses démons La larme de Lucifer sur mes lèvres Le goût du feu, du péché, du bourbon La larme de Lucifer sur mes lèvres Comme un dernier « va chier » avant l’absolution J’suis juste un ange déchu Qui cherche le chemin d’la maison Un maudit ange déchu Qui cherche le chemin d’la maison Pis si le ciel veut pas de moé… Qu’y mange donc d’la marde. J’vas retrouver mon chemin tout seul.

