
04 - Diogène au Zinc
[COUPLET 1 – LES RICHES] [SINGER] Je vois les hommes s'épuiser pour acquérir ce qui les asservit. Ils appellent cela réussir. Ils se parent de titres, d'or et d'honneurs, Comme des enfants décorent leur prison. Le luxe n'est qu'une pauvreté déguisée. [DJ ROAST] Eh ben mon vieux, t'as pas tort ! Les types qui roulent en bagnole de ministre, Ils dorment pareil que les autres : La bouche ouverte et les chaussettes qui puent. Moi j'ai connu un patron du Sentier, Trois appartements, deux maîtresses et des ulcères gros comme ça. Le pauvre, il possédait tout... Sauf le temps d'aller aux toilettes tranquille. --- [COUPLET 2 – LE DÉSIR] [SINGER] Le désir est un maître exigeant. Plus tu lui obéis, Plus il accroît sa tyrannie. L'homme libre est celui qui sait se suffire à lui-même. [DJ ROAST] Ah ça, les envies, c'est comme les cacahuètes ! Plus t'en manges, plus t'as soif. Moi j'ai vu des types acheter leur troisième montre Pour être à l'heure à leur premier infarctus. Tu veux mon avis ? Le bonheur, c'est quand t'as besoin de moins de trucs Que le voisin d'en face. --- [REFRAIN] [SINGER] J'ai cherché un homme. [DJ ROAST] Ben t'aurais dû venir au bistrot ! [SINGER] Je n'ai trouvé que des esclaves de leurs passions. [DJ ROAST] Et des joueurs de PMU, c'est pas mieux ! [TOGETHER] Le monde est plein de propriétaires, Mais y a pas beaucoup de gens qui s'appartiennent. --- [COUPLET 3 – LE POUVOIR] [SINGER] Un roi n'est grand que parce que les autres acceptent de ramper. L'autorité n'impressionne que les âmes serviles. Je préfère mon tonneau à tous les palais. [DJ ROAST] T'as raison, Socrate sans chaussettes ! Les puissants, c'est comme les girafes : Ça a l'air grand parce qu'on lève la tête. Moi, quand un type se prend pour Napoléon, J'attends qu'il éternue. Ça remet tout l'monde à la même hauteur. --- [COUPLET 4 – LA HONTE] [SINGER] Je n'ai honte de rien qui soit naturel. La honte véritable est de vivre selon l'opinion des autres. Les hommes rougissent de leurs désirs, Mais jamais de leur vanité. [DJ ROAST] Ah ben ça ! Y a des gars qui cachent leurs chaussettes trouées, Mais qui montrent leur Rolex comme des cierges à Lourdes. Ils ont honte d'être pauvres Mais jamais d'être cons. Va comprendre, Charles... --- [COUPLET 5 – LA MORT] [SINGER] Pourquoi craindre la mort ? Tant que je suis, elle n'est pas. Quand elle sera là, je ne serai plus. Ce qui ne se rencontre jamais ne saurait être un sujet d'effroi. [DJ ROAST] Oh, tu sais, la Camarde... Elle finit toujours par trouver l'adresse. Alors autant pas lui réserver sa table six mois à l'avance. Moi, quand elle viendra, J'espère juste qu'elle me laissera finir mon ballon. La politesse se perd, même chez les faucheuses. --- [COUPLET 6 – LA LIBERTÉ] [SINGER] J'ai choisi la pauvreté Pour ne dépendre de personne. Je possède peu, Afin que rien ne me possède. [DJ ROAST] Ça, mon vieux, c'est une phrase qui vaut plus qu'une retraite complémentaire ! Parce qu'au fond, Les types ils disent : « C'est ma voiture, ma maison, ma montre. » Mais le jour où faut payer les traites, C'est eux qui appartiennent à la bagnole. Moi, j'ai deux chemises, Une dette chez Lulu, Et personne pour me dire comment vivre. Ça fait pas riche, Mais ça fait respirer. --- [OUTRO] [SINGER] J'ai vécu selon la nature, Et le monde m'a pris pour un fou. [DJ ROAST] Fou ? Tu parles ! Dans un monde où tout le monde court, Le plus malin, C'est peut-être celui qui s'assoit. [SINGER] Je n'ai besoin de presque rien. [DJ ROAST] Et ça, mon vieux, C'est une fortune que même les banquiers peuvent pas mettre au coffre. [TOGETHER] Entre le tonneau du philosophe Et le comptoir du bistrot, Y a peut-être moins de différence Qu'entre un milliardaire et son sommeil.

