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BODY CLOCK

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V5.5

Je me réveille Avant l’alarme. Pas parce que j’ai bien dormi. Parce que mon corps Cherche déjà le tempo Dans le frigo, Dans les tuyaux, Dans le char qui passe dehors. Je reste couchée. Je compte quand même. Un. Deux. Trois. Rien. Il y a des jours Où le silence arrive trop carré. Comme un clic Que personne a parti. Je fais du café. Je manque le comptoir. Je tape deux doigts Sur la tasse Sans m’en rendre compte. Mon pied répond sous la table. Je lui dis d’arrêter. Il m’écoute pas. J’ai gardé le temps Jusqu’à perdre le mien. J’ai tenu le plancher Pendant que le reste tenait debout. Si je m’arrête maintenant, Est-ce que je repose enfin? Ou est-ce que j’attends juste Le prochain coup? On m’a souvent dit : « T’es solide, toi. » Comme si c’était un compliment simple. Solide, ça veut dire Qu’on vérifie moins souvent Si ça fend. Solide, ça veut dire Qu’on pose des choses dessus. Je suis pas fâchée. Pas exactement. Je suis juste rendue bonne À tenir Des poids qui parlent pas. J’ai gardé le temps Jusqu’à perdre le mien. J’ai tenu le plancher Pendant que le reste tenait debout. Si je m’arrête maintenant, Est-ce que je repose enfin? Ou est-ce que j’attends juste Le prochain coup? Je pensais que le repos, C’était l’absence de bruit. C’est pas ça. Le repos, Ça doit être quand ton corps Arrête de se préparer À sauver quelque chose. Je suis pas encore rendue là. Mon cœur garde le kick. Ma mâchoire garde le snare. Mes épaules gardent les toms. Mes mains gardent l’air. J’ai porté les entrées. J’ai porté les fins. J’ai porté les moments Où personne savait Si la toune revenait. J’ai pas besoin Qu’on me mette devant. J’ai besoin Que mon corps comprenne Que le set est fini. J’ai gardé le temps Jusqu’à perdre le mien. J’ai tenu le plancher Pendant que le reste tenait debout. Si je m’arrête maintenant, Je veux pas tomber avec. Je veux juste apprendre À rester là Sans compter. Un. Deux. Trois.