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Juste le futur

V6

(Couplet 1 – 8 / 10) Il y avait un homme sans âge qui marchait dans un temps sans page. Ni hier pour le retenir, ni présent pour le fixer. Juste le futur à venir, juste le futur à goûter.Il disait, d’une voix de verre : « Il n’y a plus de passé sombre, il n’y a plus de maintenant. Il n’y a que le lendemain qui s’ouvre déjà dans ma main et qui me regarde et qui sombre. »(Refrain – anaphore + oxymore) Tourne, tourne le sablier, mais le sable n’a plus de source. Tourne, tourne le sablier, le temps n’a plus de ressource. Ce que j’attends est déjà là, ce que je vis n’est plus demain. Il n’y a ni hier ni présent, juste le futur dans ma main.(Couplet 2 – analepse inversée + hyperbole) Il se souvenait d’un jour clair qu’il n’avait jamais encore vécu : une femme lui tendait l’orange, un enfant riait sous la pluie, un chien mourait sous l’arbre étrange… mais tout cela n’était qu’à venir. Rien derrière, rien sous ses pas, seulement demain qui le tirait plus fort que mille océans.Il murmurait, comme en écho : « J’aimerai ce que je ne connais. Je perdrai ce que je n’ai pas. J’attendrai ce qui m’attend déjà, et qui m’attendait dans le temps avant même que le temps soit là. »(Refrain) Tourne, tourne le sablier, mais le sable n’a plus de source. Tourne, tourne le sablier, le temps n’a plus de ressource. Ce que j’attends est déjà là, ce que je vis n’est plus demain. Il n’y a ni hier ni présent, juste le futur dans ma main.(Couplet 3 – anaphore + oxymores) Il marchait. Il marchait vers la lumière obscure. Il marchait vers l’ombre claire. Il marchait vers les rues naissantes. Il marchait vers les maisons défaites. Il marchait, pas après pas, chaque pas un départ vers demain, chaque pas un retour vers demain.Un jour il s’arrêta net au milieu d’un champ qui n’était pas. Il s’assit. Il ferma les yeux. Et pour la première fois il n’alla nulle part, ni demain, ni demain, ni nulle part.(Pont – chiasme + hyperbole + oxymore) Alors il comprit, lentement, que le sens de la vie n’était pas dans l’avant ni dans le maintenant, mais dans cet instant éternel où le futur s’arrête de courir et reste là, sur l’épaule, comme une main qui ne demande rien, plus lourde que tous les soleils.(Dernier refrain – adouci) Tourne, tourne le sablier… Non. Laisse-le. Laisse le sable où il n’est pas. Ce que j’attends est déjà moi. Il n’y a ni hier ni présent, juste le futur, juste moi.(Outro) Il y avait un homme sans âge qui marchait dans un temps sans page. Un jour il s’arrêta. Et le futur, pour une fois, s’arrêta avec lui.